Logo Allmyblog
Logo Allmyblog
Lien de l'article    

LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
Attention, certains de mes textes sont RESERVES A UN PUBLIC ADULTE et peuvent choquer. Personne ne vous oblige à les lire, et si vous ne m'aimez pas, passez votre chemin....
Contacter l'auteur de ce blog

CATEGORIES
- Introduction
- Poèmes et Poésies
- Nouvelles et Histoires
- Les Enfers (adultes)
- Photos et Illustrations

5 DERNIERS ARTICLES
- APARTE ZERO - L'homme de Budapest.
- La belle aux eaux dormantes.
- La Rose et le Piano
- Rencontre avec la peur (1)
- Vie et Mort d'un Rodeur...
Sommaire

BLOGS FAVORIS
1.Vagintello
2.Lessentimentsdunevie
Ajouter ledormeurduvol à vos favoris
 Correspondances Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

Lettres trouvées à Maison-Haute. Ci-dessous, retranscription de cette correspondance et annotations de ma main (si nécessaire). Travail effectué avec Maître Khan avec toute ma reconnaissance. Quelques photos étaient jointes à ses lettres, mais l'humidité les a collé. Une méche de cheveux et la médaille d'un saint ( Saint-Guignefort? ) se trouvaient également attachés à l'ensemble.
Aucune lettre n'est datée, et les enveloppes timbrées manquent. Le tout tenait dans une boite en fer rouillée (20 centimètres sur 14 centimètres) qui devait contenir au préalable des bandages herniaires de marque Hodfield & Son.


Cher ami.

Je vous attendrais dans la bibliothèque, avec cet exemplaire de la "Lettre d'Alexandre à Olympias et à Aristote" dont vous me fîtes cadeau. Cette édition est admirable et la dorure parfaite.

Oserais-je vous demander ce que vous pensez de mon essai sur Callimaque de Cyrène?

J'aimerais en parler avec vous, autour d'un bon cognac, je me suis fait livrer un Otard de 1860 qui est merveilleusement goûteux.

Baisez la main de votre dame pour moi, vous savez qu'elle m'est précieuse.

Puisse votre source rejaillir!

Votre ami et serviteur,

Terry O'Meher, deuxième du nom.



 
Mon très cher terry,

(Ou devrais-je vous dénommer Péritas? Ceci conviendrait à votre pédigrée et à nos références courantes à Dhû'l-Qarnâ').

Un Otard! Excellent choix. Mon choix se porte plus aisément sur un Royer 1859, les années précédentes trahissant encore le manque d'expérience de la maison. J'esère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ce coup de Jarnac!

Celui qui en sait trop et qui ne sait pas tenir sa langue est comme un enfant armé d'un couteau.
C'est la maxime que je retiendrai de votre essai. En vous lisant, j'ai l'impression d'être Apollonius, mais j'espère que vous ne vous fendrez pas à mon endroit d'un "Ibis" comme le Maître en gratifia jadis son disciple.

Me connaissez vous si mal que vous imaginez qu'un baiser sur la main soit la seule chose dont je me satisfasse lorsque j'approche ma dame?

Je sais qu'elle vous est précieuse, et sachez, mon Ami, que vous lui êtes tout autant. Il m'arrive parfois,au demeurant, d'envier cette subtile complicité. Mais soyez tranquille, cette envie a toujours été dépourvue du moindre sentiment laid ou indigne d'un Lord.

Ma source... cela me rappelle le texte d'un des ces contemporains français... comment se nomme-t-il au juste...?? Maupassant, je crois.
Un texte d'un raffinement et d'une perversion rarement égalées.

Votre dévoué et reconnaissant,

Tommy W. Bulsara



 
Old chap!

Comment vous tenir rigueur de cette escarmouche bien dans votre manière en tout point ? Si j'avais l'outrecuidance de penser que vous n'étiez pas à même d'être à la hauteur de relever le gant (comme vous le fîtes à Bayreuth lors de ce tournoi militaire d'escrime en 1919) je vous aurais servi un vulgaire Arthus de Segonzac ou un armagnac blanc que vous détestez car il altère le goût de vos cigares de St Domingue.

Je vois que vous avez lu la Scholia In Theocritum et maîtrisez les pamphlets d'Eratosthenes (en considérant qu'ils soient bien de sa main, ce dont je doute) et je pourrais dire de vous, tel Virgile "Felix qui potuit rerum cognoscere causas"

Diantre ! Comment pourrais-je douter de votre approche galante ? Je me souviens fort bien de cette bohémienne que nous rencontrâmes à Zanzibar qui benoîtement voulait entrer dans le protectorat pour je ne sais quelles diableries... Il me semble que vous obtîntes bien plus que sa main ou son coeur ! (et je le crains quelques mauvaises fièvres malignes)

Me croyez vous sot et mal instruit ? De ne point avoir connaissance de ce Maupassant ? J'ai un point commun avec lui, je suis né l'année de sa mort en 1890 ! Le saviez-vous?

J'ai lu ses Contes de la bécasse et Boule de Suif, mais je trouve cette écriture un peu trop moderne à mon goût. Cette histoire de femme de mauvaise vie qui pactise avec le Prussien...
Vous me connaissez, j'aurais usé de mon Enfield pour leurs donner leur pesant de 476 !

Je vois que la perversion vous habite toujours, cher vieux compagnon ! Un retour de ces fameuses fièvres sans doute ?

Votre ami et serviteur,

Terry O'Meher, deuxième du nom.

Post-scriptum: Quand aurais-je le plaisir de revivre quelques moment à Mûrrakûsh avec vous?



 
Mon très cher ami

Quelle coïncidence extraordinaire que vous citiez Virgile, dont je suis par ailleurs un grand admirateur, moi qui me prend à rever que je suis un Enée et que le monde qui m'entoure est un Enfer: nouveau, effrayant, fantastique, lugubre, tentant....
En effet, vous connaissez ma passion pour les Sciences (et Dieu sait que notre époque a cela d'unique qu'elle est en pleine ébullition à ce sujet), je suis actuellement plongé au coeur des écrits de Durkheim sur le suicide, et lui même a fait de cette maxime son crédo et le fondement de ses théories.

"Heureux celui qui peut des choses connaître les causes".

Et bien figurez-vous, Dear Friend, que je m'aperçois que je fais mienne cette phrase chaque jour davantage.
Sans doute cela explique-t-il ma boulimie de connaissance et mon emerveillement devant les choses nouvelles. Et la peur que cela peut engendrer.

Que de souvenirs communs déjà... Il me tarde devous revoir.
Je souhaite m'entretenir avec vous d'un projet d'expédition qui me tient à coeur.

Cette bohémienne aux yeux de chats dont vous me parlez, m'a laissé différents... "messages" voyez vous.
Comment vous l'expliquer sans que vous me jugiez bon pour le Maudsley Institue??

Elle vient souvent me parler... en rêve. Mais ce que j'entends par là, c'est qu'elle vient VRAIMENT me parler. En réveillant au passage et pour de longues heures ces maudites fièvres. Et depuis quelques temps, elle me parle parfois de vous.

Elle vous a évoqué dernièrement, parlant de vous comme "Ojibwa","Kurete", "Aïno","Shih Tzu" et j'en oublie... je n'y comprends rien!
Ce que j'ai compris, c'est qu'elle m'a dit qu'il nous était vital, à vous et à moi, de nous rendre prestement au Caire. Que vous sauriez pourquoi. Et que je découvrirai alors ma vraie nature.

Je crains pour ma santé mentale, Terry. Mais pas pour ma santé physique si je juge des prouesses que je puis réaliser en rêve pour contenter cette bohémienne dont j'ignore le nom!

Répondez moi vite, très cher ami... les fièvres engendrées par ces rêves sont de plus en plus intenses, et je suis persuadé que vous êtes l'un des rouages du mécanisme qui ménera à ma compréhension, voire à ma guérison.

Tom.



 
Mon ami,

Que dis-je, mon frère, puisque nous avons eu l'honneur de servir la Reine dans le même bataillon! Si les officiers du Royal 5ème Régiment de Norfolk ne sont pas des frères, alors que sommes-nous ?
Je m'estime être plus qu'un ami depuis ce jour d'août 1915, quand d'étranges aboiements de chiens détournèrent notre attention alors que nous atteignîmes la colline 60... Auriez-vous oublié la balle qui transperça votre épaule déchirant le ligament coracoïdien ? Auriez-vous oublié Sir Ian Hamilton disparaissant à notre vue pendant que je coupais la toile de ma tunique de service ?.

L'Enfer... Nous l'avons vécu, ensemble, aux Dardannelles. Puis séparément, quand vous fîtes ce séjour en sanatorium. Je me souviens de vos errances dans les dunes de Norwich. De votre volonté de sauter des 96 mètres de la cathédrale. Du scandale du Dragon Hall. Qu'aviez-vous donc vu alors ?
Je maudis ces démons qui vous dévorent. Souvent je ne vous comprends plus.

Laissez donc Durkheim, Lévy-Bruhl, tous ces sociologues, ou Flammarion et ses fantômes, ils ne font qu'ajouter brouillard et doute en vos délires.
Retrouvez vos saines inspirations, j'aimais quand au Green Manor's club vous nous faisiez découvrir des passages poétiques des grands auteurs. Je me souviens des échos de votre puissante voix déclamer Virgile


"J'ai des fruits savoureux, des chataîgnes amollies par la flamme, un laitage abondant. Déjà les toits des hameaux fument au loin, et les ombres grandissantes tombent des hautes montagnes..."

Je regardais Lord Peyton siroter sa liqueur de whisky, les yeux mi-clos, savourant vos paroles...
Faites fi de ces souvenirs, de ces paroles, de ces mauvaises fièvres... Je sais, au trop combien, que vous avez la tête pleine de ces étranges syllabes.


Je ne vous l'ai pas dit, mais lors de notre dernière chasse sur les terres de Lord Percival Everett, vous fûtes victime d'un étrange malaise lors de la curée, et alors que je baignais votre front brûlant d'un linge, vous psalmodiâtes de fort confuses paroles. Des mots dont je ne saisissais pas le sens. "Kaalb.... T'ien-k'uan!!! Caniba!, les Mangechairs arrivent! Fuyez! Gardez-vous Felicane!" et d'autres mots me semble-t-il en Arabe et en langue Perse...

Une force non-humaine vous tordit les membres, tant et si bien, que je devais lier vos mains de ma ceinture de chasse. Je vous avais dit à l'époque que c'était sans doute le "vomito negro" puisque nous revenions du Sénégal, et vous fîtes semblant de me croire...
assurément sachant que vous .

Mon bon ami, je vous sens vivant enfer sur Terre, cherchant des Dieux ou des explications. Soit, si vous avez besoin de moi pour trouver réponses à vos maux, je serais là. Dites-moi quand vous voulez partir, si comme d'habitude nous prenons "L'Escurial" pour nous rendre au Caire, laissez-moi quelques jours pour vendre quelques titres, faire bagages, et je suis votre homme!

Mais qu'en pensera votre douce amie ?

Votre dévoué Terry




Fin de la correspondance, mais n'ayant pas fouillé chaque pièce, je ne désespère pas de trouver la suite.

LDDV et KH4N (2009)


 
Post Scriptum

Une autre lettre était utilisée comme marque-page dans un livre "Monstrorum historia cum paralipomenis historiae omnium animalium" de Bartholomaeus Ambrosinus, précisement à la page parlant de la vie de Pétrus Gonsalvus en 1555.



Cher compagnon.

Jeudi 10 mai 1923.

Je vous écris de Boston où je suis bien arrivé. J'ai eu la chance de trouver une belle chambre meublée dans une pension à l'angle de Beacon Street et Spruce Street, au quatrième étage sous toits. je me meurs à cause de la chaleur mais j'ai une magnifique vue sur le parc. Hier j'ai un peu visité la ville, j'ai vu la maison de David Sears, juste à coté de la pension, magnifique batisse de granite qui ressemble à un chateau. Pour passer le temps j'ai été voir un spectacle d'un certain Laurel un comédien burlesque assez pitoyable qui se moque de Robin Hood; il me semble l'avoir déjà vu à Londres dans la troupe de Fred Karno car c'est un compatriote.

Je dois vous avouer mon inquiétude à votre sujet. Votre trace se perd dans cette ville qui était ma dernière piste. Toutes mes lettres, aussi bien au club qu'à votre adresse de Payton Street, me sont revenues, et mes radiogrammes à l'étranger demeurent sans réponse. Où pouvez-vous être bon sang !

J'ai lu hier dans le Time magazine, un nouvel hebdomadaire ici, que les problèmes sont incessants dans nos colonies. Seriez-vous concerné par ces troubles, que ce soit par l'émirat hachémite ou la constitution de la Palestine? Etes-vous en Irak? Dans le golfe d'Aden?

Je vous ai cru en Egypte, en avril dernier, suite à ces événements étranges après le décès de Lord Carnarvon, mais aucun des muwaafin du Winter Palace ou du Shepheard's ne vous a vu depuis des années.

Je n'ai pas oublié que ce 10 mai est une date importante pour vous. Et j'ai le coeur serré en vous imaginant dans je ne sais quelles difficultés.

Dans l'attente, enfin, d'une réponse de votre part..

Terry.

 

  Lire les 2 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-08-2009 à 22h15

 Poème Numb3r 6 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Seul avec moi même et le Hors Là

Devant le miroir d'Alice... un peu piqué par le temps...
Suis-je le chat du Cheshire au sourire éclatant?
Dinah, ma petite chatte, est partie sous d'autres cieux...
Je cherche le lapin blanc qui me rendra heureux...

Je m'habille du mercure qui suinte de la glace
Mon autre moi inversé a déjà pris ma place
Un trou orne ma poitrine à la place du coeur
Car je n'existe plus sans amour ni bonheur

De l'autre coté du miroir, je n'ai vu que reflets
Rien de plus ou de moins que de nombreux regrets
Maintenant il m'emprisonne, il me garde caché
Tel un portrait maudit, celui de Dorian Gray...

J'ai eu tant de mensonges et d'amitiés véreuses
En devenant Néant elles redeviennent mielleuses
Tant de larmes ont coulé en perles de corail
Depuis que j'ai quitté ce qu'on appelait sérail

Je ne suis plus maintenant ni vivant et ni mort
Juste un esprit errant sans joie ni réconfort
Torturé jour et nuit par tous ces personnages
Qui furent jadis mon tout alors un peu plus sage

Alors je me sens glisser un peu plus chaque fois
Dans ce vide immense qui m'ouvre grand les bras
Oubli et indifférence sont mes nouveaux parents
La chaleur de la haine vient réchauffer mon sang

Mes mains qui étaient aptes à caresser l'argile
S'affûtent... "Dirae" d'airain évoquées par Virgile
En terre de mépris je construis ma maison
Et ma mère patrie de devenir...

Oblivion!

 

 

 

(Copyright Ledormeurduvol 2008)

  Lire les 2 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-08-2009 à 18h18

 L'enjeu (Sed non satiata) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

Elle arrive à l'heure, ou presque, un très léger retard. Au bout du passage couvert de métal et de verre, la grande horloge décorée de stucs indique déjà 14h05. Le passage Jouffroy pour une fois est désert, le mauvais temps n'incitant pas les gens à sortir. Elle cherche l'adresse, le coeur battant un peu rapidement, et déjà une douce sensation au ventre. Elle trouve assez rapidement la porte grillagée et l'interphone doré avec un gros bouton en métal brossé.

"Oui ?" la voix résonne dans l'allée, un peu nasillarde comme une vieille radio. "C'est moi...", elle a failli ajouter ".. ton cadeau...", mais ça semblait déplacé.. "Ton prix ? Ta récompense ?" en attendant que la porte s'ouvre elle recoiffe machinalement ses longs cheveux noirs. Après tout comment dire cela?

Elle a eu cette idée un peu folle de se proposer en enjeu dans un concours de beaux textes érotiques. Le gagnant se verrait offrir une heure en sa compagnie. Oui mais une heure de quoi ? De bonheur ? De délices ? De folie ? Et si c'était un malade qui lui montre sa collection de timbres pendant une heure ? Débattant des dents d'un Cérès rose de 80 centimes émis en 1872 et gravé par Anatole Hulot célèbre galvanoplasticien et non moins Franc-Maçon de la Monnaie de Paris.

C'est à ce moment là que la porte s'ouvre d'elle même coupant net ses réflexions. Elle est surprise de découvrir un ascenseur, sans doute ancien, à la moquette à moitié arrachée et limée par le temps. Juste un étage et la porte s'ouvre sur un long couloir. Des portes fermées, certaines barricadées, font un peu penser à un squat. "Mais où je vais là ?" se dit-elle en avançant, passant devant des vieilles affiches de magiciens: Fred Kaps, The Great Tomsoni, Arturo de Ascanio, Slydini... Au fond du couloir une porte est entre-ouverte, qu'elle pousse doucement, les yeux grands ouverts...

"Entre !" La voix est assurée, chaude, amicale. L'ambiance de la pièce également est chaude et rassurante, de grandes tentures rouges décorent les murs, certaines en batik avec des motifs javanais ou des idéogrammes chinois, d'autres, en soie, bougent mollement, se gonflant comme des voiles de navire sans doute à cause de la climatisation ou d'une fenêtre invisible. De l'encens doit brûler, il y a une odeur de bois de cèdre et de chèvrefeuille. "Entre donc, et ferme la porte", l'homme est lui aussi porteur de soie, ou d'un tissu qui brille un peu à la lumière, une sorte de kimono noir satiné, avec des dragons dorés brodés. C'est un peu kitch mais ça lui va bien, et elle est particulièrement fascinée par ses yeux qui semblent la traverser et lire en elle. "L'heure est commencée j'imagine, à partir du moment où tu es en face de moi ?" elle répond un "Oui" un peu timide essayant de fixer son regard pour se donner un peu d'assurance.

"Alors, déshabille-toi !" dit l'homme qui ne la quitte pas des yeux. Alors doucement, elle retire sa chemise, ôte son pantalon, espère que l'homme ne voit pas trop l'excitation qui inonde sa culotte, elle ôte son soutien-gorge et sent le regard de l'homme sur sa poitrine, petite mais charmante. Une main cachant pudiquement ses seins, elle retire sa culotte. La voici nue et le temps s'arrête.

L'homme la détaille, fait de ses yeux des pinceaux qui caressent ses courbes, lèchent ses formes, débusquent sa féminité un peu trouble.

"Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits..."

Sa voix est douce, calme, posée, il dit ces quelques vers tout en versant le contenue d'une théière japonaise dans un petit bol. En souriant, comme un chat qui vient d'attraper une souris, il s'approche et lui tend le bol. Il est décoré en son fond d'une sorte de geïsha à l'air ingénu assise sur un énorme vit qui semble sortir de terre. L'illustration bouge au gré du liquide ambré et fumant. "Thé bergamote et orange, avec un trait de vodka à l'herbe de bison.. Bois sans crainte".

Elle porte le bol à ses lèvres et avale une gorgée, c'est chaud, doux, et bon. Une goutte de thé coule sur son menton, puis entre sa poitrine, et descend sur son ventre. Elle regarde l'homme dans les yeux et se mord la lèvre inférieure comme une enfant prise à faire une bêtise. Il se penche et d'un coup de langue lape la goutte qui avait dépassé le niveau de son nombril. Il ferme les yeux et hume son parfum, s'enivre de l'odeur de son sexe, puis revient la fixer droit dans les yeux.

"Tu as fini ton thé ? Alors, vient..." Il lui prend la main et l'amène vers une sorte de futon posé au sol, là, il lève sa main au dessus de sa tête et elle comprend qu'il l'attache à une sangle de cuir grâce à un foulard ou quelque chose de très doux. Ses gestes quoique fermes et précis sont plein de douceur. Il attache son autre main, puis ses pieds, et même sa taille.

"J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille. C'est de Desnos, tu connais ?. Ton corps est magnifique, je vais t'apprendre à l'écouter. Le corps d'une femme est une partition vierge, avec les notes que je vais écrire sur toi, nous allons faire une symphonie."

L'homme écarte une tenture qui se trouve en face d'elle et révèle une grande glace à trumeaux, elle se voit offerte et si fragile, ce qui lui fait un peu peur mais l'excite aussi énormément. Il va chercher un autre bol et des sortes de pinceaux. " L'érotisme, c'est de donner au corps les prestiges de l'esprit. Ca c'est de Georges Perros, un poète à redécouvrir..."

Après avoir trempé le pinceau dans une sorte de peinture, il commence à dessiner doucement sur son sein droit. "Tu te demande ce que je fais ? N'est-ce pas ? Alors, je t'explique, chaque bol contient des huiles essentielles de plantes et des colorants naturels un peu comme le henné. Les plantes utilisées sont toniques, aphrodisiaques et stimulantes, les mélanges sont plus ou moins dosés en Hydrocotyle, yohimbe, withania, et Ficoïde. Les mélanges sont savamment étudiés pour avoir des effets accélérateurs ou retardant sur le plaisir et les sensation. Ils peuvent stimuler tes zones érogènes et littéralement télécommander ton désir. Ainsi, lorsque je dessine sur ton corps un kanji, un pictographe zhishi, par exemple l'image de la pluie tu vas te mettre à transpirer plus, et si c'est le symbole de la rivière, tu vas mouiller davantage, mais est-ce bien utile alors que tu es déjà trempée ?"

L'homme a fini de dessiner sur sa poitrine, dans la glace son reflet ressemble à un beau livre couvert de lettres complexes et étranges.
"Le souffle de l'oiseau au soleil de printemps, c'est ce que je viens d'écrire, je te laisse apprécier ses délicates pattes et ses petits coups de bec..." dit-il avec un grand sourire un peu diabolique, puis il se penche, utilisant un autre bol, pour dessiner des idéogrammes au dessus et en dessous de son nombril. Elle se dit que l'heure va passer lentement si ça se limite à ça, que...

Mais d'un coup elle sent un courant d'air sur ses seins. D'abord frais comme un vent léger, il se transforme en souffle, chaud, comme si une bouche invisible touchait presque sa peau. C'est ensuite des fourmillements, une étrange impression, comme des milliers de petites mains caressant sa poitrine, puis se concentrant sur ses mamelons l'effleurement de plumes... C'est divin, et si étrange! Elle ouvre la bouche un peu surprise, tend la poitrine, met sa tête en arrière, savoure cette sensation.

L'homme a fini ses dessins, il a presque couvert le corps de la femme de ses signes, il pose ses bols et ses pinceaux, laisse glisser son vêtement par terre, et vient s'assoir sur le futon, en face d'elle, montrant une belle érection. Elle est fascinée par cet homme qui ne parle plus, se contente de la regarder en silence, par sa queue dressée comme une offrande.

Et cet à ce moment là qu'elle sent une source couler sur son ventre, fraîche, avec l'impression que des morceaux de glace passent de façon concentrique autour de son nombril, elle ferme les yeux, se sent allongée, la tête baignant dans l'eau tiède d'un lagon, une cascade d'eau glacée tombant de trente mètres de haut sur son ventre, elle est le centre de l'univers, emportée par un tourbillon violent... "La cascade des mille plaisirs j'imagine ? parfaite pour te détendre et te préparer au reste..."
"Le reste ?" dit elle dans un murmure, assommée de sensation, avalant sa salive qui se fait abondante. "Oui, le baiser du dragon devrait atteindre ton clitoris et la soif du fruit mûr envahir ta chatte."
"La soif de quoi ? OoooOOh" Elle vient de tendre le bassin sous une forte sensation... "Mon dieu... que me fais-tu ?? Aaahhh.... C'est trop bon..."

Alors l'homme appuie sur une commande à coté de lui, et elle se sent bouger. Les courroies qui la tiennent sortent du mur, de fentes cachées par les tentures. Elle est comme une marionnette à fils, petit à petit les courroies des bras l'amènent à l'homme, se détendent pour l'incliner vers lui, s'aidant de ses pieds, tirant sur les autres courroies, elle essaye d'approcher son ventre de sa bouche. "Baise-moi, je t'en supplie.... Mmmmm.... Oh non, ôte moi ça, ça me tue...." Elle se mord les lèvres alors que son sexe semble être en feu, elle a l'impression que son clitoris est devenu énorme, brûlant. Elle a la tête penchée en avant, le visage caché par ses cheveux collés de sueur.

Il laisse le doigt sur un bouton et elle sent plus de liberté dans ses mouvements. Debout sur ses orteils,le bas du corps tendu au maximum vers l'avant, elle prend sa tête dans les mains pour amener sa langue entre ses cuisses. "Mange moi, mange ma chatte, lèche cette putain de chatte ! Tu me rends dingue avec tes trucs !!" Elle est devenu chienne, ne veut plus qu'une chose, c'est sentir sa langue en elle, qu'elle apaise la chaleur qui la brûle.
Lui plaque ses mains sur ses fesses et l'attire vers lui juste à quelques centimètre de sa bouche, au limite de tension de la courroie. Elle bande du clitoris et son excitation mélangée de sueur lui coule le long de la cuisse, alors qu'elle a l'impression que des serpents électriques se lovent autour de ses jambes. "Ta langue ! Je t'en prie, éteins ce feu !" gémit-elle.

"Serais-tu comme Esope qui pensait que la langue est la meilleure et la pire des choses ?" et du bout de la langue il décrit des cercles sur son clitoris provoquant l'effet d'une délicieuse décharge électrique qui la tétanise de plaisir. De sa langue faite serpente, il goûte et pourlèche ses lèvres rendues plus sensibles, c'est comme un baume qui calme la chaleur. Elle se met à gémir doucement, comme de douces pleures, à chaque coup de langue qui l'apaise. Sa respiration se fait plus calme, elle est envahie de douceur et de plénitude. La pièce aux dominantes rouges se fait mer de nuage et bleu azur derrière ses paupières closes. Son ventre se serre, elle ne sent plus que cette langue qui fouille sa vulve, se presse sur son clitoris, sa respiration sur ses lèvres. Elle est dans une mer chaude, caressée par le courant, les poissons, une douce et apaisante mer chaude. La vague vient de l'emporter, un orgasme court mais profond qui monte de son ventre et lui fait pousser un petit cri, presque de surprise. La langue se fait plus tendre, plus douce, est remplacée par de légers baisers. Elle se met à respirer profondément, essayant de retrouver en elle cette étincelle délicieuse qui vient de la traverser.

Un mouvement, elle entre-ouvre les yeux, il vient de se lever, il vient d'appuyer encore sur des commandes et les courroies glissent et se déplacent sur les murs et le plafond. Petit à petit, dans un doux ronronnement de machine, invisible à ses yeux, elle se retrouve dans une position horizontale, les bras un peu plus élevés que sa tête, les jambes écartés, pieds au sol, le bassin soulevé et les fesses offertes.
"Tu dois te demander comment j'ai fabriqué cette machine non ? En fait, c'est de la récupération si je puis dire... Juste à coté il y a le musée Grevin fondé par Arthur Meyer et Alfred Grévin..." tout en parlant d'une voix douce, il caresse ses fesses, et elle sent qu'il applique un nouveau produit sur son anus, son périnée, et son vagin... "La pièce où nous sommes faisait partie des locaux servant à restaurer ou à finir les moulages des statues les plus délicates, des poses les plus fragiles. Toute une machinerie incroyable a été dissimulée dans ces murs en 1888 grâce aux moyens de Gabriel Thomas, financier qui participa au projet... Tu n'imagines pas les jeux qu'on peut inventer avec ce joujou que j'appelle mon palais des merveilles..."

Encore une fois une sensation étrange prends le contrôle de son sexe, elle a l'impression de sentir chaque partie d'elle se mettre à battre ou à onduler, son utérus, sa vulve, et même son anus, c'est étrange et presque désagréable... "Ne t'inquiètes pas mon coeur, je veux juste te faire découvrir le plaisir ayurvédique, la cogition sexuelle." Et doucement il enfonce son sexe en elle, c'est incroyable comme elle est réceptive à chaque relief de sa verge, comme si chaque sensation était décuplée. Elle sent son gland venir appuyer cette zone plus sensible, son point-G, ses testicules taper contre ses lèvres. Elle sent son pouce qui s'enfonce doucement dans son anus, mais elle le sent disproportionné, comme un deuxième pénis, deux hommes s'occupant d'elle. Elle n'a jamais senti autant de sensibilité, le moindre mouvement est un délice. Elle qui pensait que seul un doigt habile pouvait stimuler sa zone la plus cachée, elle sent aux ondulations profondes de son ventre le plaisir arriver, d'elle même elle donne de grand coup de reins pour l'amener à jouir, pour qu'il tape encore plus sur cette zone devenue explosive. Des ondes sourdes montent en chaleur du plus profond d'elle se transformant en jouissance animale, elle pousse un râle plus qu'un cri, des sons inarticulés, les formules magiques du plaisir, la langue des amants...

Alors l'homme se retire d'elle et vient lui présenter sa verge qu'elle prend gourmande en sa bouche, la suçant avec avidité. Elle aspire et serre les lèvres pour le faire exploser, se faisant vulve, et répondant à chaque soupir, à chaque frisson du membre. L'homme se sert d'elle, il va et vient plus vite, et son sexe semble brûlant. Elle sent le moment où tout son être se tend, alors qu'il éjacule, encore et encore, de longs jets qu'elle savoure. Son sperme est chaud, épais, doux et parfumé, sans doute grâce à de mystérieuses tisanes. Elle en boit chaque goutte, entendant avec satisfaction son amant soupirer.
Il la couvre alors de baisers, la fait se relever, détache ses entraves. D'un linge humide au parfum de fleur d'orangé il lave délicatement les écritures, se montre attentionné. Et une fois que son corps est immaculé, tous les deux debout s'enlacent, dans la douce lumière rouge. Il lui prend la tête, se perd dans ses yeux bleus comme on ouvre une fenêtre sur le monde, et l'embrasse encore sur le nez, les yeux, la bouche, son haleine a une odeur de fruits, un peu melon, un peu pèche. Alors il dit doucement "Mon coeur, ça fait une heure... et cinq minutes... Tu ne m'en veux pas d'avoir abusé ?"
Alors elle éclate d'un rire qui, cristallin rebondit entre les toits de Paris et monte dans le ciel d'orage.

Dedicassé à S. pour la Nuit des Amusées, où toutes les muses sont de sorties.

(Copyright Ledormeurduvol Mai 2009)

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-08-2009 à 18h09

 Maison-Haute Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

 

Dans l'escalier qui mène aux chambres, une vue sur un autre monde. A moins que l'autre monde soit à l'intérieur?

 

 

 

 

Un vieux cheval de manège, ce que j'ai trouvé de plus vivant dans cette maison.

 

 

Un cheval à bascule ancien trouvé une nuit dans un coin de pièce.

 

 

Une porte verrouillée par le temps et le lierre, cette partie de la maison date de 1828.

C'est la partie la plus récente.

 

Dans la cave l'anneau au sol servait à attacher quelque chose dans le froid et l'obscurité.

 

Une statue décapitée. Dans cette maison les têtes des tableaux et des statues ont toutes été soigneusement détruites. Pour les empécher de voir? ou de témoigner?

 

Quand les photos parlent des légendes. Une photo pour le moins curieuse quand on sait ce que disent les rumeurs sur cette maison. Quand je l'ai prise, la personne avait sa tête et ses bras.

La légende: Un homme gardait des enfants (d'autres disent que c'était les siens), une nuit ils ont tous été décapités à la hache, tous sauf la plus grande, qui a été enfermée vivante dans un mur. Là les histoires divergent, elle serait encore emmurée, ou elle aurait été trouvée vivante mais folle, ou les parents fous de douleur l'auraient attaché par les cheveux à un cheval, croyant que c'était elle qui avait tué les enfants. Elle aurait été eue la tête arrachée par les galops du cheval. En tout cas, il y a toujours des histoires de décapitations liées à cette maison. On parle d'un duc et de ses hommes, décapités dans la cave. Et pendant les travaux de la maison plusieurs blessures étranges sur des ouvriers. Un écrivain connu avait également eu des problèmes après la visite de la maison pour les besoin d'un livre sur les trésors. Moi même, j'ai une photo avec une marque étrange autour du cou, apparue dans la nuit et sans aucune raison.

 

L'entrée de la cave, accueillante comme je les aime. La maison force à faire révérence, car le plafond de la cave est à 1m30... La "tête de mort" n'est pas d'origine, car sur des photos plus anciennes elle n'existe pas, en fait c'est une tache de moisissure. De loin on voit bien un crâne mais pas quand on s'approche. En fait c'est l'ombre sur 2 trous plus de la moisissure autour qui fait ça. Quand le temps est plus humide on voit également comme des tibias autour. Là on les voit à peine, à droite, en haut et en bas.

 

Comme beaucoup de choses proches de la cave, ce tronc d'arbre mort est devenu blafard et comme fossilisé. Il y a aussi des araignées qui semblent avoir été gelée ou transformée en statue de sel, c'est assez curieux.

 

La salle à manger, une des rares fenêtres à ne pas être occultée. C'est aussi la pièce la plus "animée" la nuit. C'est une maison vivante, au bord du monde, je lui parle, je caresse les murs quand j'y entre.

 

 

(Photos déposés Copyright Ledormeurduvol 2009)

  Lire les 2 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 31-07-2009 à 18h27

 5:05 (Time Warp) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

5:05 La lumière fluorescente du radio réveil me grille les yeux, elle tremblote alors que j'essaye de lire les chiffres entourés d'un halo bleu. 5:05 et j'ai la gorge sèche, quelques aigreurs à l'estomac, une légère douleur dans les épaules. Repoussant draps et couvertures, je me lève, espérant qu'un verre d'eau me permettra de me rendormir.

5:05 me dit la pendule de la cuisine, alors que mes pieds entrent en contact avec le carrelage glacé. J'avance dans le noir, à la recherche de l'interrupteur. J'avance. L'impression d'avoir les pieds pris par la glace, il fait si froid dans cette cuisine.
J'avance. Il faudrait laisser un chauffage la nuit, même en veilleuse, quelque chose qui évite de se geler comme ça. J'avance.

5:05 me dit le réveil. La pendule de la cuisine. Le reflet de la pendule dans le réfrigérateur, le reflet du réfrigérateur dans le reflet de la pendule dans le réfrigérateur. A l'infini. Comme dans un mezzo-tinto de Maurits Cornelis Escher. Pourquoi je pense à lui subitement? Je ressemble peut-être à l'un de ses petits bonhommes grimpant des escaliers improbables...

5:05. J'avance. Maintenant le carrelage a fait place à la terre, il fait toujours aussi froid, aussi noir. La terre battue me fait mal aux pieds, pourquoi n'ai-je pas enfilé mes pantoufles avant d'aller dans cette cuisine glacée? En plus, le vent s'est levé. Il souffle et siffle à mes oreilles, me glaçant jusqu'aux os.

5:05. Les chiffres lumineux se reflètent à l'horizon sur la mer, on dirait une grande étendue de pétrole, noir, visqueux, dans laquelle ondulent les petits chiffres. Je croise mes bras pour garder un peu de chaleur, et j'avance. Le vent se fait plus fort, et je distingue mieux les étoiles au dessus de ma tête, je dois approcher de la falaise, je peux voir la mer m'entourer, j'entends le bruit du ressac des vagues mortes, j'entends le silence des mouettes qui ne volent pas. J'avance, je n'entends pas mon coeur, je n'entends pas le tic tac, le bruit du moteur du réfrigérateur, mais j'avance.

5:05, enfin je crois... Mon pied touche.. le vide. Le temps s'arrête, comme dans un dessin animé j'ai le temps de marcher sur le vide, de sentir le vent caresser doucement la plante de mes pieds.

Et puis je tombe. Je tombe.

L'eau m'entoure, m'avale, je rentre dans les draps de la mer. Est-ce pour cela qu'on dit le "lit" d'une rivière? Qu'on est bercé par l'onde? De se méfier de l'eau qui dort? Pourquoi est-ce si doux, si calme? Est-ce comme cela quand on se noie? Quand on meurt? L'impression d'être dans son lit, blotti, bien au chaud...
En effet, je m'enfonce dans l'eau noire, mais je n'ai plus froid. Je coule.

Puis, c'est l'angoisse, de réaliser d'un coup que le problème dans ma situation n'est pas de couler, mais de ne pas respirer. Il faut que je respire, mon cerveau me l'ordonne, c'est un ordre. Comme une drogue j'ai besoin d'air, il faut que je remonte. Je donne de désespérés coups de pieds, je remonte, mais pas assez vite. Je monte, je monte. Je le sens je manque d'air, je suis à la limite, et mon cerveau s'affole. J'essaye de souffler pour tromper mes sens, mais ça ne marche pas. Où est la surface, il me faut de l'air! Je ne sais même pas si je suis encore sous l'eau ou déjà à l'air libre, il fait noir, je ne vois rien, je ne sens rien. Il faut que j'inspire, il le faut, mais quoi? De l'air? De l'eau? Que va-t'il se passer si je respire?

J'ai peur, j'ai peur. Je respire....

Il ne se passe rien... Rien... Je respire... Je ne suis pas mouillé, ni noyé, j'ai même la gorge un peu sèche. J'ouvre un oeil et je regarde les chiffres du radio réveil, j'ai du mal à distinguer... 5:05

Je pense, je me retourne, je bouge, j'essaye de revivre ce rêve, de le comprendre. Au fond de moi quelque chose aurait aimé que je ne tente pas de remonter, de respirer. Que je me laisse juste couler jusqu'au fond.

C'était si doux...

Demain je dois être en forme, je dois voir le banquier, il y a les papiers du divorce à envoyer, il faut que j'écrive au directeur de l'école pour le changement, je dois retrouver l'adresse de ce "spécialiste" puisque selon mon médecin je vais avoir "besoin de le consulter", il y a cette saloperie de voiture que je dois porter au garage, et puis les impôts, et les courses, et ceci, et cela...

5:05...

505...

5OS....

SOS....

S O S !!!

 

 

(Copyright Ledormeurduvol 2009)

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 31-07-2009 à 18h01


|<< <<<  1  | 2 |  3  >>> >>|


SYNDICATION
 
Fil RSS 2.0
Ajouter à NetVibes
Ajouter à Google
Ajouter à Yahoo
Ajouter à Bloglines
Ajouter à Technorati
http://www.wikio.fr
 

Allzic en direct

Liens Commerciaux
L'information à Lyon
Retrouvez toute l'actu lyonnaise 24/24h 7/7j !


L'information à Annecy
Retrouvez toute l'actu d'Annecy 24/24h 7/7j !


L'information à Grenoble
Retrouvez toute l'actu de Grenoble 24/24h 7/7j !


Application Restaurant
Restaurateurs, demandez un devis pour votre application iPhone


Fete des Lumières
Fête des lumières : vente de luminaires, lampes, ampoules, etc.


Diffuseur
Acheter un diffuseur d'huiles essentielles

Votre publicité ici ?
  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10