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LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
Attention, certains de mes textes sont RESERVES A UN PUBLIC ADULTE et peuvent choquer. Personne ne vous oblige à les lire, et si vous ne m'aimez pas, passez votre chemin....
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 APARTE ZERO - L'homme de Budapest. Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

- L'homme de Budapest -

L'homme regarde sa montre à gousset, remonte son col, et s'enfonce dans la brume matinale. Le jour est en train de se lever doucement, un soleil paresseux lèche la forêt de tours du Parlement flambant neuf, des flèches dorées se mettent à danser dans l'eau cristalline du Danube.

L'homme marche vite, pressé de quitter le quartier Lipotvaros, regardant à droite et à gauche comme semblant craindre quelques démons cachés. Il a la trentaine, le teint maladif, les joues creusées, la moustache fine sculptée de cire et ses peurs sont aussi bien réelles que psychiques, lui qui vit entre deux mondes...

Budapest est blafarde en ce matin de septembre, la ville siamoise se calfeutre encore dans ses draps chauds. Dans les rues il n'y a pas une ombre qui vive, juste au loin le bruit des sabots d'un cheval. L'homme a les yeux bordés de noir, il a mal dormi, la statue d'Anonymous du parc Vajdahunyad est venue le voir toute la nuit, fouillant ses chairs de ses doigts de bronze. Il s'est réveillé au chant du coq alors qu'il enfonçait son poing dans la capuche du dormeur, ne rencontrant que le vide.

Une heure après il a encore la sensation que sa main est gelée. Est-ce que cette vision est la conséquence de sa visite au prince Boldizsár ? Ils ont longuement parlé devant un verre de Tokaji Aszú de cette statue fraichement sculptée, de l'homme qu'elle représente, un moine poète, érudit, versé dans les sciences, qui aurait de sa plume séduit le roi Béla III il y huit siècles de ça.Le prince a voulu absolument lui montrer l'homme assis aux yeux étrangement représentés crevés par l'artiste. Ce regard mort, encapuchonné, malsain, l'a traversé comme un éclair de glace. La nausée venant il a demandé à rentrer dans les appartements du prince où des sels lui ont été apportés.

Quoi qu'il en soit, il était heureux d'avoir récupéré "l'objet", qui aurait pu être mortel au prince et qui maintenant dormait dans la valise avec les autres. Banale valise en carton qu'il porte de la main gauche, celle qui n'a pas touché le néant. On ne sait jamais...

Alors qu'il s'engage sur le pont qui mène à l'ile Marguerite, le tram arrive à sa hauteur, chevaux et conducteur encore à moitié endormis. Profitant de l'occasion l'homme monte en marche et s'assoit sur l'un des sièges de bois verni. Plus calme, il se met à repenser à ses visions. Pourquoi cet Anonymous est venu le voir, pourquoi ce malaise, alors qu'il s'était bien gardé de toucher la statue? Ce moine, cet écrivain, il ne ressemble pas à l'autre homme à la peau noire, celui du livre, celui qui est venu dans ses rêves, quand il était enfant.

Difficile de trouver un rapport entre ces objets, et pourtant ils sont liés...

Le plus infime et pourtant si étrange, comme cette coupure de journal, un vieil article avec une photo, celle d'un jeune homme noir, vêtu d'une chemise déchirée, entouré d'une foule d'hommes blancs.Derrière lui un grand arbre avec une corde...

L'homme sourit benoitement, comme un enfant, comme s'il était heureux d'être pris en photo, il n'a pas l'air de comprendre.Juste sous la photo il y a marqué "Eusabia Jefferson, assassin et voleur, mai 1920." Soit c'est une erreur d'impression, soit ce journal ne sera imprimé que dans 16 ans !En prenant le morceau de papier, la première fois, le médium a entendu le grincement du chanvre sur la branche, l'odeur des flambeaux, les rires et les cris de la foule. Depuis le morceau de papier dort entre deux feuilles de papier de soie.

Le plus chargé émotionnellement est sans aucun doute le livre, recueil de comptines pour enfant, avec des illustrations mièvres à l'encre. Dès qu'il l'a touché les pages lui ont parlé, une voix de petite fille résonnant dans sa tête.

"Olly Olly Olly, la fillette monte sur l'escabeau, et veut prendre le pot, boum! Olly est tombée, elle va être grondée"

Je tiens la main de ma maman, douce et chaude dans la mienne, il fait beau, il fait soleil, j'ai ma belle robe que j'aime. Nous nous baladons dans la ville, c'est comme je l'ai vu sur une photo, comme La Nouvelle-Orléans, il y a des maisons à colonnades. Tout est blanc. De belles dames à ombrelles et larges robes se promènent dans les rues, des hommes élégants avec des canotiers les saluent. J'aimerais bien habiter cette ville, c'est joli.

J'entends de la musique, des trompettes, mais c'est comme sous l'eau, au ralenti, comme quand le gramophone doit être remonté. Les gens s'arrêtent de bouger, je marche avec maman entre eux, mais eux ne bougent pas. Personne ne bouge sauf un homme qui me fait un peu peur, son visage est noir, comme les sauvages dans la grande encyclopédie de papa. Noir et triste, avec de grands yeux qui roulent.

J'essaye de voir comment il est habillé, mais il a déjà disparu. Il est à l'étage d'une maison maintenant, il me regarde. Et il disparait à nouveau pour réapparaitre ailleurs. Je sens des parfums de fleurs, des parfums très forts. Les murs des maisons sont couverts de fleurs multicolores. Et l'homme noir est au milieu de la rue, il avance, mais il ne marche pas, et quand il touche quelqu'un, la personne tombe comme ma poupée de laine. Il me fait peur.

Je veux le dire à maman mais quand je me tourne vers elle, ce n'est plus sa main que je tiens, mais une barbe à papa. Maman est en train de s'éloigner. Je l'appelle, mais elle ne m'entend pas. Je veux courir vers elle, mais j'avance tout doucement comme si j'étais très lourde. L'homme en noir s'approche, je vois mieux son visage, il n'a pas d'yeux mais il pleure, la bouche tordue par la tristesse ou la douleur, il tend ses mains vers moi.Je ne veux pas qu'il me touche. Je ne veux pas qu'il me touche...

"Lizzy? Tu as fait un cauchemar ma puce! Tu m'appelais. C'est fini, je suis là, rendors-toi."

"C'était encore lui maman, celui qui vit dans mes rêves...."

Dans le tram, deux personnes viennent de tourner la tête vers l'homme qui vient de parler à haute voix. L'homme à la valise en carton sur les genoux. L'air gêné il bredouille des excuses, se lève, et descend en marche.

"Maudites pensées" se dit-il. Juste de repenser à ce maudit livre pour enfant et voilà que la transe revient, si ça continue, ces objets vont faire corps avec son esprit et il quittera la réalité pour de bon!Heureusement il n'est plus très loin de la gare Nyugati. Une fois dans le train il sera tranquille, loin de cette ville et de ses dangers.

La gare ressemble à une grande maison accueillante flanquée de part et autre de bâtiments ressemblants à des églises. Il y a un tel mélange de genres dans cette ville en ce début du siècle, on y trouve aussi bien des styles byzantins, gothiques, que Grecs ou même Égyptiens. C'est bien le cas ici, on a l'impression de rentrer dans un temple grec, cherchant entre les colonnes la Circé chantée par Denys de Milet, empoisonneuse de roi et fille de la lune.

Curieusement il y a du monde sur les quais, à croire qu'une partie des habitants se sont donné rendez-vous là.

L'homme traverse les épais nuages de fumée que crache la locomotive, le train est imposant, sombre, brillant, décoré de filets d'or qui luisent tels des serpents de feu. Parmi les gens qui attendent sur le quai, une femme, à peine visible dans la fumée, le regarde passer, comme le ferait une araignée face à une mouche bien grasse. Elle a senti l'odeur du Dormeur sur lui.

Il est l'heure, minuit est passé depuis bien longtemps, bien trop longtemps. L'homme monte dans le train, qu'importe le wagon, qu'importe le compartiment, ils vont tous au même endroit.

Nulle part...

 

REVES MORTS - CODEX SOMNIIS - LeDormeurDuVol 2010

  Lire les 2 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 07-12-2010 à 09h33

 Rencontre avec la peur (1) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

 

(Première partie)

Depuis sa descente du train, la jeune fille a conquis une bonne partie de la ville, non pas qu'elle soit vraiment jolie, mais elle plait aux hommes, elle sait comment leur parler, se mettre en valeur, les emmener pile au niveau d'ébullition puis stopper net le jeu prétextant qu'elle n'est pas une "fille facile", faisant miroiter des soirées à venir et la possibilité d'aller plus loin.. peut-être après un bon restaurant, un spectacle de casino, un cadeau particulièrement acceptable.. bref c'est avant tout une allumeuse qui aime tendre des toiles et piéger les hommes, et comme une petite araignée qui vit à Madagascar, elle est piquante, le coeur chitiné d'une jolie cuirasse, et sait très bien tisser ses fils et dévorer ses proies...

Elle pose le fin verre de cristal sur la table basse, gardant dans la bouche un instant la gorgée de cherry pour s'imprégner du goût sirupeux, elle ferme un peu les yeux l'air concentrée, et penche légèrement la tête. C'est une attitude reflexe, elle donne l'impression d'écouter attentivement les paroles de l'inconnu, de boire littéralement ses mots. D'instinct elle sait faire ça, séduire à tout prix. Le cherry lui chauffe la gorge alors qu'elle est loin des paroles de l'homme, en fait elle pense, elle s'évade, son esprit trop jeune, trop futile, incapable de se concentrer, lui envoi des images de la mémoire cognitive, comme dans un demi sommeil...

Le bar, où elle l'a rencontré, il est tenu par des amies lesbiennes, c'est un endroit où les femmes sont moins embêtées par le matelot ou le soldat en goguette. Elle est au comptoir, sur un grand siège de bar, elle sirote un milk shake à la fraise, un peu de sirop vermillon coule mollement du verre sur ses doigts fins, il a la couleur du sang.
L'homme est debout, de l'autre coté de la rue, les voitures qui passent floutent son image comme les pales d'un immense ventilateur. Elle porte ses doigts à ses lèvres, sa langue recueillant le sirop.
L'homme est devant le bar. Il est grand, le contre jour dilue son visage comme une goutte d'encre tombée dans l'eau. De sa main elle secoue ses grosses boucles noires, elle sait que c'est son principal atout, cette chevelure de jais, brillante comme le mica.
L'homme est debout devant elle. Son visage est... mais qu'importe son visage, ils ont tous le même....

L'important ce sont les yeux, ses yeux. Elle aime voir le désir, l'envie, le besoin, en eux. Y trouver le regard du lion devant l'antilope, ce regard qui gèle le sang et crispe le ventre. Le regard du tueur face à sa proie. Ses yeux sont verts, avec des paillettes d'or dansantes, elles se changent en flammes alors qu'elle se perd dans son regard. Elle le voit se coller tout contre elle en écartant ses genoux de ses mains fortes. Se pencher à son oreille et sentir son souffle chaud dans le cou alors qu'elle ferme les yeux pour l'entendre dire en chuchotant d'une voix un peu rauque "Je vais te dévorer, boire ta chatte, et me nourrir de toi...".

Puis, elle le voit faire glisser sa robe fuseau le long de ses cuisses pour découvrir ses bas et son absence de culotte. Descendre doucement, lentement, sans la quitter des yeux.... Entrouvrir sa bouche pour en faire sortir une langue pointue, effilée comme une dague, qui bouge et se tord comme un serpent jeté sur les braises... Elle sent cette langue vivante se vautrer en ses chairs, fouiller son intimité, se faire râpeuse sur son clitoris qui gonfle.....

L'homme est près du juke box, il glisse sa pièce et enfonce deux touches, puis revient boire son bourbon que la serveuse vient de lui servir. La voix des Andrews Sisters nappe alors le bar, des mots s'élèvent

"Little man walked up and down,
To find an eatin' place in town
."

Elle détourne la tête, l'esprit encore dégoulinant d'images érotiques.. Elle sent le rouge aux joues former chaleur, sa culotte se mouille de ses fantasmes, les éphémères virevoltent dans son ventre.

"He looked the menu thru and thru,
To see what a dollar bill might do
."

Ses yeux font semblant de s'intéresser aux deux femmes au fond de la salle qui se sont levées pour danser lascivement...

"One meat ball,
All he could get was one meat ball
."

Il lui a alors parlé, des mots qu'elle n'écoutait pas, comme elle n'écoute toujours pas ce qu'il lui dit en ce moment, elle sait juste que complètement sous son charme, l'araignée est devenue proie, soumise à ses yeux ouverts vers des mondes inconnus et qu'elle a laissé son milk shake pour le suivre dans un appartement inconnu.

Les filles se caressant les seins sous les paroles de

"Little man felt so very bad,
One meat ball is all he had
."



(Deuxième partie)

Son esprit trop jeune, trop futile, se balade, d'objet en objet ses yeux se posent, rêvant d'histoires interdites, de mystères Hindous, de rites Egyptiens... Ici un masque Africain piqué de centaines de clous aux formes approximatives, là un oeuf forgé de morceaux de nacre taillée, plus loin un kriss Malais à la lame ondulée, ou bien cette chatte empaillée portant dans sa gueule son petit, empaillé lui aussi. Nombreux sont les objets qui la font frissonner...

Elle secoue un peu la tête, essayant de retrouver son intérêt pour la conversation, ou du moins faire semblant. Il parle, de choses qu'elle ne comprend pas, ses grandes mains brassent l'air, il souligne ses phrases en apportant des effets de manches comme un avocat, il détourne l'attention ou bien la capture tel un magicien, il la fascine. Sa voix est ouatée, lointaine, elle ronronne dans sa tête comme dans un demi sommeil. Le cherry lui tourne la tête, ou il fait trop chaud, le visage de l'homme est toujours flou, elle ne voit que ses yeux, et ses dents, petites et pointues, comme celles d'un chat.
Qui est-il? D'où vient-il? Pourquoi l'a t'elle suivi? Il se penche vers elle, place sa main sous son menton, la soutien, elle est devenu lourde comme du plomb. Son visage s'approche d'elle dans un brouillard, un visage flou, avec juste deux grands yeux de chat. Puis, le plafond devient plancher, des torrents d'eau noire, chaude et douce, rentrent par les fenêtres et enveloppent son corps, elle se laisse prendre par les ténèbres...

"And in his dreams he can still hear that call
You get no bread with your one meat ball
."

La douleur d'abord.... Non pas vraiment une douleur, mais une gêne, on se réveille dans une position inconfortable, des fourmis dans les membres... On ouvre les yeux, mais on ne voit rien... La femme se demande si elle dort, si elle rêve. Mais il fait froid, vraiment froid... Et elle sent un peu de vent glacé sur sa peau, sur toute sa peau... Elle est nue... Cette gêne, cette sensation d'avoir du mal à respirer, c'est la corde, celle qui passe sous ses bras, sous ses seins, entre eux, ficelée comme un paquet cadeau par une corde épaisse qui lui mord la peau...

Les yeux s'ouvrent alors le plus possible, la bouche aussi, pour pousser un cri silencieux, les plus grandes peurs sont muettes. Elle se tort, veut s'échapper, remue en tous sens... Peine perdue, elle flotte dans le vide, dans l'obscurité, elle ne fait que peler son derme avec le chanvre.

Et le temps passe... son cerveau n'a pas encore complètement analysé la situation alors que ses yeux essayent de s'habituer à l'obscurité...

Il n'y a aucun bruit, juste celui de son souffle, et de temps en temps le craquement de la corde... Le silence devient intolérable, encore plus que les ténèbres... Elle hurle, des cris désespérés, des hurlements de bête, qui lui brulent la gorge et lui font mal aux oreilles... Elle hurle... encore et encore…

Et le temps passe... elle ne sent plus trop ses bras et ses jambes, engourdis. Après un long silence, elle parle... Elle LUI parle. Des centaines de pitié, de pardon, de pourquoi. Elle lui promet son argent, son corps, son âme. Mais personne ne réponds... Alors elle se parle à elle même... Et le temps passe...

Maintenant elle distingue certaines choses, l'ombre d'une porte en contre bas, l'ombre d'une pièce ronde, peut-être une tour, l'ombre d'ombres plus sombres encore... Elle imagine ce qu'elle ne voit pas et elle voit se qu'elle imagine... Elle tend les pieds pour toucher le vide. Elle estime qu'elle doit être à... un mètre ou deux du sol. Dans une tour ou un donjon. Accrochée à une poutre. Et qu'on va la laisser mourir de faim, de soif, et de froid... En tout cas elle l'espère! Plus que tout le reste de ce qu'elle pourrait imaginer. Alors elle ferme les yeux pour s'endormir, pour mourir... Et le temps n'en fini pas de passer...

Elle sort de sa torpeur en ouvrant grand la bouche, happe l'air comme un presque noyé qui sort sa tête de l'eau. Elle respire à grandes bouffées l'air moisi et humide. La peur vient de la rejoindre et devient sa compagne, son amie fidèle... Elle s'agite, remue dans tous les sens, gémit, grogne, insulte, et pleure... Et soudain se fixe......

La corde lui semble plus lâche, par ses mouvements elle a déplacé un noeud, ou l'a défait. C'est très léger, mais elle en est sûre, la corde se fait moins prison. Alors elle déplace son bras, se contorsionne, rentre son ventre. Elle tort son poignet, manque de se démettre une épaule, éloigne un coude de son corps pour étirer la corde. Elle se fait serpent, ondulante, acrobate nue à la peau rougie par le froid et le frottement.

Ca y est, un bras est libéré, et grâce à ce bras elle peut attraper l'un des noeuds au dessus de sa tête, se suspendre, dégager son autre bras. Elle doit faire attention, plusieurs noeuds ont été fait pour ne pas stopper sa circulation sanguine ou l'empêcher de respirer, elle doit dégager la boucle qui était autour de ses épaules, et qui maintenant s'est resserrée autour de son cou, sans lâcher la cordeprincipale et se trouver étranglée...

Elle transpire beaucoup malgré le froid, et cette sueur l'aide à faire glisser les cordes encore trop serrées. Petit à petit, elle se libère, mais elle s'épuise, l'adrénaline sature ses veines, rend son souffle court. Il ne reste plus qu'une boucle qui passe autour de sa taille et entre ses jambes lui meurtrissant la vulve. Elle n'est pas capable de tirer assez fort sur ses bras pour libérer le bas de son corps. Et ses forces s'affaiblissent, ses bras et ses mains se tétanisent à la garder accrochée au noeud principal. Elle essaye d'évaluer les risques, d'éviter de nouveaux pièges, si elle lâche la corde, elle va partir en arrière, faire une chute de un ou deux mètres, tomber sur la tête ou peut-être rester accrochée par les pieds si la boucle se resserre plus vite que sa chute.... Alors elle compte jusqu'a trois, prends une grande respiration, lâche la corde, et se protège la tête de ses mains et de ses avant bras...

Et elle heurte violemment le sol froid, une douleur très forte la transperce, elle est tombée sur son épaule droite et a entendu un craquement sinistre. Elle ne bouge plus, ne peut plus bouger, la douleur l'empêche de respirer. Elle pense qu'elle s'est cassé une cote en tombant car elle a du mal à respirer. Elle doit reprendre son souffle. Elle essaye de basculer sur le coté pour un peu récupérer, et surtout ôter des petites pierres et des clous qui ont pénétrés sa chair lors de sa chute. La corde qui devait être autour d'une poulie est tombée avec elle et recouvre ses jambes. Elle cherche de la main autour d'elle, caresse le sol du bout des doigts. Elle ne trouve d'abord que de la poussière et des débris quelconques, puis en tendant un peu plus son bras, elle touche une flaque d'eau et porte ses doigts à sa bouche pour tenter de se désaltérer. Elle commence à s'habituer à la douleur sur son coté droit, si elle s'empêche de respirer à fond...

En essayant de se relever, elle se rend compte qu'elle s'est fait très mal à une cheville, ce n'est pas cassé, mais suffisamment douloureux pour l'empêcher de se mettre debout, alors elle marche à quatre pattes, nue, sale, blessée. Elle redevient animal, fouillant des ongles l'espace qui devient son nouveau territoire. Les murs sont en effet ronds et les pierres anciennes, le sol irrégulier fait de gros pavés. Elle trouve enfoncé dans le mur un gros anneau, et elle imagine des prisonniers attachés à celui ci. Contre le mur elle trouve un morceau de toile épaisse, un reste de sac de jute ou équivalent, avec lequel elle se couvre les épaules, indifférente aux insectes qui cavalent sur son corps.

Elle décide d'explorer la pièce, mais par sécurité, ramasse la corde et l'enroule autour d'elle, puis fixe l'autre extrémité à l'anneau sur le mur. Cette corde qui était son instrument de torture devient son fil d'Ariane.
Gardant une main sur le mur, elle fait le tour de la pièce en tâtonnant, et soudain bute sur quelque chose qui la fait hurler, elle vient de manquer de tomber sur quelque chose de mou, assez grand, sous une couverture, sans aucun doute un corps! Elle n'est pas la première à avoir été enfermée là, c'est sur, et voilà comment elle aurait du finir! La peur panique revient et elle s'éloigne du mur allant vers le centre de la pièce, et sent soudain le vide sous ses membres, la moitié de son corps bascule dans le vide, et heureusement la corde lui sauve la vie. Elle griffe le sol de ses doigts, cassant ses ongles, se raccrochant comme elle le peut, et arrive à se hisser pour sortir du vide. Il y a un trou très large au centre de la pièce, et elle n'a pas du tout envie de savoir ce qu'il y a au fond, ni sa profondeur! Mais ça explique la présence de l'anneau au mur, et de la poulie au plafond, on devait se servir d'eux pour descendre quelque chose dans le puits.

Encore une fois, elle essaye de reprendre son souffle, elle n'a plus mal, son corps est saturé de substances qui lui permettent de tout affronter... Tout, mais pas le gémissement qui s'élève du corps à coté d'elle, une longue plainte qui glace les sangs. Elle réalise alors que la personne n'est pas morte, qu'il y a un nouvel espoir, à deux on est plus fortes!

"Bonjour Sucrerie! Content de voir que tu es éveillée!" la voix déchire le silence que seuls les gémissements avaient égratigné, elle vient de plus haut, d'une sorte de balcon ou d'ouverture.

"Alors Elizabeth? Tu as réussi a te libérer je vois, je ne pensais pas que tu aurais la force, tu me vois étonné. Généralement mes sucreries m'implorent de leur donner le baiser froid de ma lame, comme une bénédiction, comme un ultime..."

"Espèce de pourriture!!! Tu te prends pour qui? Espèce de salaud! On m'a vu partir avec toi, on le dira aux flics!"

"Pauvre petite boule de viande sans cervelle... Tu crois vraiment ce que tu dis? A l'avenir, évite de me couper la parole, je ne pense pas que tu sois en position de me résister... Personne, je dis bien personne ne sais que tu es là, et qui je suis..."

La forme sous la couverture gémit encore, et se met à bouger, semblant se réveiller d'un sommeil pénible. Elizabeth se sert contre elle, la protégeant, et cherchant à trouver un peu d'humanité face à cette voix qui s'élève de nulle part.

"Ohhh ma sucrerie! Je vois que tu te fais un ami? C'est un petit cadeau que je t'ai fais, pour que tu te sentes moins seule..."

A ces mots, Elizabeth se rend compte qu'elle avait pensé à tort que la forme était une femme. Cette forme essaye mollement de se dégager de la couverture en grognant. Quand la couverture tombe enfin, la jeune femme essaye de distinguer dans le noir le visage de cet homme qui a l'air de souffrir. Elle touche son visage et sent un liquide poisseux. Il a une barbe courte, ses cheveux sont collés sur son visage. Elle se rapproche pour distinguer ses traits, et réalise avec horreur que ses paupières ont été cousues... Elle hurle d'effroi alors que l'homme aveugle tend les mains vers elle...

"Il te fait peur Liz? Tu peux avoir peur! Je te présente Georg Danke, il a fait un long trajet pour te rencontrer... Je lui ai ôté la vue pour que le jeu soit plus drôle, mais il a une ouïe remarquable! Toi qui est une dévoreuse d'hommes, tu va savoir ce que c'est, à ton tour, d'être dévorée... Je te présente "l'Ogre de l'Utah", ce charmant monsieur qui t'accompagne est cannibale, et a déjà tué 12 personnes! Et je peux te dire que c'est un vrai gourmet!!!!"

La peur à nouveau cisaille le ventre de la femme qui place sa main collante de sang sur sa bouche pour s'empêcher de hurler... Elle recule alors que l'homme, qui sort peu à peu de la léthargie causée par des tranquillisants, lance ses bras dans tous les sens avec violence... Sa bouche à moitié édentée se tord et vocifère, ce sont des cris de fous qui emplissent la tour.

Elle donne des coups de pieds, essaye de le repousser, cherche dans la poussière la moindre arme qui pourrait l'empêcher de la toucher. Mais c'est l'homme qui en trouve une, un long couteau qui brille dans les ténèbres. Elle se rend compte alors que si elle avait eu l'idée de fouiller la couverture pendant qu'il était endormi, c'est elle qui aurait le couteau! Elle se met à hurler de peur et son cri révèle sa position. Le visage de l'homme, déformé par la rage, se tourne instantanément vers elle... Il sait où frapper et d'un coup de lame lui entaille les joues de gauche à droite, transformant son cri en rictus sinistre.

Sous l'effet de la douleur elle recule. Le sang chaud lui inonde la bouche, elle s'étrangle avec. Elle panique, sent ses tempes battre et une chaleur l'envahir, il ne faut pas qu'elle s'évanouisse, surtout pas! Elle recule encore et sent le puits juste à coté d'elle... Fuir... Il y a forcement une solution... Tout plutôt que de se faire attraper par cette... chose...
Alors elle s'assoie sur le bord du puits, les pieds dans le vide, elle prend une grande respiration, son flanc la fait souffrir, le sang coule sur ses seins. Elle entend l'homme dans son dos qui s'approche, la cherche... Elle se lance dans le vide.

Sa chute est immédiatement arrêtée par la corde nouée autour de sa taille. Elle souffre encore plus de sa ou de ses cotes cassées, son souffle se fait court, sifflant. Et soudain... Elle sent qu'elle remonte, qu'on la hisse petit à petit vers le haut, c'est l'homme, il a trouvé la corde, il s'en sert comme le ferait un pécheur, il a si faim...

Alors de ses doigts meurtries, de ses ongles cassés, elle tire sur la corde, essaye de dénouer le noeud qu'elle a fait, elle s'empresse, panique. Elle sent les pierres du puits dans son dos la griffer, elle sent le souffle de l'homme, sa salive qui coule sur ses cheveux, elle sent le regard de celui qui scrute les ténèbres pour la voir paniquer, celui qu'elle a voulu séduire, celui qu'elle n'aurait jamais du rencontrer...

Et le noeud cède enfin! Elle s'enfonce dans le néant, en silence, sans un bruit......

Juste celui, quelques mètres plus bas, de la lame de faux placée en travers du puits qui vient de la couper en deux...

L'homme fini son verre de cherry et le jette dans la pièce en contre bas. Il a tout vu, ses yeux perçant la nuit comme ceux des chats. Le cannibale en contrebas redresse la tête et se met à pleurer comme un enfant.

"Shorter than short!" plaisante l'homme en regardant le puits, et il s'adresse au fou en contrebas "Désolé Georg, même avec ton dollar, tu n'as pas eu ta boule de viande! Une prochaine fois peut-être?"

Et l'homme disparait dans l'obscurité en sifflotant joyeusement un air des Andrews Sisters...

Le lendemain, le soleil du 15 Janvier 1947 se lève sur les restes mutilés d'une jeune fille de vingt-deux ans...

 

Très librement inspiré de l'affaire du Dahlia Noir...


(Copyright Ledormeurduvol 2008)

 

(Musique: The Andrews Sisters "One Meat Ball")

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 04-08-2009 à 10h06

 L'enjeu (Sed non satiata) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

Elle arrive à l'heure, ou presque, un très léger retard. Au bout du passage couvert de métal et de verre, la grande horloge décorée de stucs indique déjà 14h05. Le passage Jouffroy pour une fois est désert, le mauvais temps n'incitant pas les gens à sortir. Elle cherche l'adresse, le coeur battant un peu rapidement, et déjà une douce sensation au ventre. Elle trouve assez rapidement la porte grillagée et l'interphone doré avec un gros bouton en métal brossé.

"Oui ?" la voix résonne dans l'allée, un peu nasillarde comme une vieille radio. "C'est moi...", elle a failli ajouter ".. ton cadeau...", mais ça semblait déplacé.. "Ton prix ? Ta récompense ?" en attendant que la porte s'ouvre elle recoiffe machinalement ses longs cheveux noirs. Après tout comment dire cela?

Elle a eu cette idée un peu folle de se proposer en enjeu dans un concours de beaux textes érotiques. Le gagnant se verrait offrir une heure en sa compagnie. Oui mais une heure de quoi ? De bonheur ? De délices ? De folie ? Et si c'était un malade qui lui montre sa collection de timbres pendant une heure ? Débattant des dents d'un Cérès rose de 80 centimes émis en 1872 et gravé par Anatole Hulot célèbre galvanoplasticien et non moins Franc-Maçon de la Monnaie de Paris.

C'est à ce moment là que la porte s'ouvre d'elle même coupant net ses réflexions. Elle est surprise de découvrir un ascenseur, sans doute ancien, à la moquette à moitié arrachée et limée par le temps. Juste un étage et la porte s'ouvre sur un long couloir. Des portes fermées, certaines barricadées, font un peu penser à un squat. "Mais où je vais là ?" se dit-elle en avançant, passant devant des vieilles affiches de magiciens: Fred Kaps, The Great Tomsoni, Arturo de Ascanio, Slydini... Au fond du couloir une porte est entre-ouverte, qu'elle pousse doucement, les yeux grands ouverts...

"Entre !" La voix est assurée, chaude, amicale. L'ambiance de la pièce également est chaude et rassurante, de grandes tentures rouges décorent les murs, certaines en batik avec des motifs javanais ou des idéogrammes chinois, d'autres, en soie, bougent mollement, se gonflant comme des voiles de navire sans doute à cause de la climatisation ou d'une fenêtre invisible. De l'encens doit brûler, il y a une odeur de bois de cèdre et de chèvrefeuille. "Entre donc, et ferme la porte", l'homme est lui aussi porteur de soie, ou d'un tissu qui brille un peu à la lumière, une sorte de kimono noir satiné, avec des dragons dorés brodés. C'est un peu kitch mais ça lui va bien, et elle est particulièrement fascinée par ses yeux qui semblent la traverser et lire en elle. "L'heure est commencée j'imagine, à partir du moment où tu es en face de moi ?" elle répond un "Oui" un peu timide essayant de fixer son regard pour se donner un peu d'assurance.

"Alors, déshabille-toi !" dit l'homme qui ne la quitte pas des yeux. Alors doucement, elle retire sa chemise, ôte son pantalon, espère que l'homme ne voit pas trop l'excitation qui inonde sa culotte, elle ôte son soutien-gorge et sent le regard de l'homme sur sa poitrine, petite mais charmante. Une main cachant pudiquement ses seins, elle retire sa culotte. La voici nue et le temps s'arrête.

L'homme la détaille, fait de ses yeux des pinceaux qui caressent ses courbes, lèchent ses formes, débusquent sa féminité un peu trouble.

"Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits..."

Sa voix est douce, calme, posée, il dit ces quelques vers tout en versant le contenue d'une théière japonaise dans un petit bol. En souriant, comme un chat qui vient d'attraper une souris, il s'approche et lui tend le bol. Il est décoré en son fond d'une sorte de geïsha à l'air ingénu assise sur un énorme vit qui semble sortir de terre. L'illustration bouge au gré du liquide ambré et fumant. "Thé bergamote et orange, avec un trait de vodka à l'herbe de bison.. Bois sans crainte".

Elle porte le bol à ses lèvres et avale une gorgée, c'est chaud, doux, et bon. Une goutte de thé coule sur son menton, puis entre sa poitrine, et descend sur son ventre. Elle regarde l'homme dans les yeux et se mord la lèvre inférieure comme une enfant prise à faire une bêtise. Il se penche et d'un coup de langue lape la goutte qui avait dépassé le niveau de son nombril. Il ferme les yeux et hume son parfum, s'enivre de l'odeur de son sexe, puis revient la fixer droit dans les yeux.

"Tu as fini ton thé ? Alors, vient..." Il lui prend la main et l'amène vers une sorte de futon posé au sol, là, il lève sa main au dessus de sa tête et elle comprend qu'il l'attache à une sangle de cuir grâce à un foulard ou quelque chose de très doux. Ses gestes quoique fermes et précis sont plein de douceur. Il attache son autre main, puis ses pieds, et même sa taille.

"J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille. C'est de Desnos, tu connais ?. Ton corps est magnifique, je vais t'apprendre à l'écouter. Le corps d'une femme est une partition vierge, avec les notes que je vais écrire sur toi, nous allons faire une symphonie."

L'homme écarte une tenture qui se trouve en face d'elle et révèle une grande glace à trumeaux, elle se voit offerte et si fragile, ce qui lui fait un peu peur mais l'excite aussi énormément. Il va chercher un autre bol et des sortes de pinceaux. " L'érotisme, c'est de donner au corps les prestiges de l'esprit. Ca c'est de Georges Perros, un poète à redécouvrir..."

Après avoir trempé le pinceau dans une sorte de peinture, il commence à dessiner doucement sur son sein droit. "Tu te demande ce que je fais ? N'est-ce pas ? Alors, je t'explique, chaque bol contient des huiles essentielles de plantes et des colorants naturels un peu comme le henné. Les plantes utilisées sont toniques, aphrodisiaques et stimulantes, les mélanges sont plus ou moins dosés en Hydrocotyle, yohimbe, withania, et Ficoïde. Les mélanges sont savamment étudiés pour avoir des effets accélérateurs ou retardant sur le plaisir et les sensation. Ils peuvent stimuler tes zones érogènes et littéralement télécommander ton désir. Ainsi, lorsque je dessine sur ton corps un kanji, un pictographe zhishi, par exemple l'image de la pluie tu vas te mettre à transpirer plus, et si c'est le symbole de la rivière, tu vas mouiller davantage, mais est-ce bien utile alors que tu es déjà trempée ?"

L'homme a fini de dessiner sur sa poitrine, dans la glace son reflet ressemble à un beau livre couvert de lettres complexes et étranges.
"Le souffle de l'oiseau au soleil de printemps, c'est ce que je viens d'écrire, je te laisse apprécier ses délicates pattes et ses petits coups de bec..." dit-il avec un grand sourire un peu diabolique, puis il se penche, utilisant un autre bol, pour dessiner des idéogrammes au dessus et en dessous de son nombril. Elle se dit que l'heure va passer lentement si ça se limite à ça, que...

Mais d'un coup elle sent un courant d'air sur ses seins. D'abord frais comme un vent léger, il se transforme en souffle, chaud, comme si une bouche invisible touchait presque sa peau. C'est ensuite des fourmillements, une étrange impression, comme des milliers de petites mains caressant sa poitrine, puis se concentrant sur ses mamelons l'effleurement de plumes... C'est divin, et si étrange! Elle ouvre la bouche un peu surprise, tend la poitrine, met sa tête en arrière, savoure cette sensation.

L'homme a fini ses dessins, il a presque couvert le corps de la femme de ses signes, il pose ses bols et ses pinceaux, laisse glisser son vêtement par terre, et vient s'assoir sur le futon, en face d'elle, montrant une belle érection. Elle est fascinée par cet homme qui ne parle plus, se contente de la regarder en silence, par sa queue dressée comme une offrande.

Et cet à ce moment là qu'elle sent une source couler sur son ventre, fraîche, avec l'impression que des morceaux de glace passent de façon concentrique autour de son nombril, elle ferme les yeux, se sent allongée, la tête baignant dans l'eau tiède d'un lagon, une cascade d'eau glacée tombant de trente mètres de haut sur son ventre, elle est le centre de l'univers, emportée par un tourbillon violent... "La cascade des mille plaisirs j'imagine ? parfaite pour te détendre et te préparer au reste..."
"Le reste ?" dit elle dans un murmure, assommée de sensation, avalant sa salive qui se fait abondante. "Oui, le baiser du dragon devrait atteindre ton clitoris et la soif du fruit mûr envahir ta chatte."
"La soif de quoi ? OoooOOh" Elle vient de tendre le bassin sous une forte sensation... "Mon dieu... que me fais-tu ?? Aaahhh.... C'est trop bon..."

Alors l'homme appuie sur une commande à coté de lui, et elle se sent bouger. Les courroies qui la tiennent sortent du mur, de fentes cachées par les tentures. Elle est comme une marionnette à fils, petit à petit les courroies des bras l'amènent à l'homme, se détendent pour l'incliner vers lui, s'aidant de ses pieds, tirant sur les autres courroies, elle essaye d'approcher son ventre de sa bouche. "Baise-moi, je t'en supplie.... Mmmmm.... Oh non, ôte moi ça, ça me tue...." Elle se mord les lèvres alors que son sexe semble être en feu, elle a l'impression que son clitoris est devenu énorme, brûlant. Elle a la tête penchée en avant, le visage caché par ses cheveux collés de sueur.

Il laisse le doigt sur un bouton et elle sent plus de liberté dans ses mouvements. Debout sur ses orteils,le bas du corps tendu au maximum vers l'avant, elle prend sa tête dans les mains pour amener sa langue entre ses cuisses. "Mange moi, mange ma chatte, lèche cette putain de chatte ! Tu me rends dingue avec tes trucs !!" Elle est devenu chienne, ne veut plus qu'une chose, c'est sentir sa langue en elle, qu'elle apaise la chaleur qui la brûle.
Lui plaque ses mains sur ses fesses et l'attire vers lui juste à quelques centimètre de sa bouche, au limite de tension de la courroie. Elle bande du clitoris et son excitation mélangée de sueur lui coule le long de la cuisse, alors qu'elle a l'impression que des serpents électriques se lovent autour de ses jambes. "Ta langue ! Je t'en prie, éteins ce feu !" gémit-elle.

"Serais-tu comme Esope qui pensait que la langue est la meilleure et la pire des choses ?" et du bout de la langue il décrit des cercles sur son clitoris provoquant l'effet d'une délicieuse décharge électrique qui la tétanise de plaisir. De sa langue faite serpente, il goûte et pourlèche ses lèvres rendues plus sensibles, c'est comme un baume qui calme la chaleur. Elle se met à gémir doucement, comme de douces pleures, à chaque coup de langue qui l'apaise. Sa respiration se fait plus calme, elle est envahie de douceur et de plénitude. La pièce aux dominantes rouges se fait mer de nuage et bleu azur derrière ses paupières closes. Son ventre se serre, elle ne sent plus que cette langue qui fouille sa vulve, se presse sur son clitoris, sa respiration sur ses lèvres. Elle est dans une mer chaude, caressée par le courant, les poissons, une douce et apaisante mer chaude. La vague vient de l'emporter, un orgasme court mais profond qui monte de son ventre et lui fait pousser un petit cri, presque de surprise. La langue se fait plus tendre, plus douce, est remplacée par de légers baisers. Elle se met à respirer profondément, essayant de retrouver en elle cette étincelle délicieuse qui vient de la traverser.

Un mouvement, elle entre-ouvre les yeux, il vient de se lever, il vient d'appuyer encore sur des commandes et les courroies glissent et se déplacent sur les murs et le plafond. Petit à petit, dans un doux ronronnement de machine, invisible à ses yeux, elle se retrouve dans une position horizontale, les bras un peu plus élevés que sa tête, les jambes écartés, pieds au sol, le bassin soulevé et les fesses offertes.
"Tu dois te demander comment j'ai fabriqué cette machine non ? En fait, c'est de la récupération si je puis dire... Juste à coté il y a le musée Grevin fondé par Arthur Meyer et Alfred Grévin..." tout en parlant d'une voix douce, il caresse ses fesses, et elle sent qu'il applique un nouveau produit sur son anus, son périnée, et son vagin... "La pièce où nous sommes faisait partie des locaux servant à restaurer ou à finir les moulages des statues les plus délicates, des poses les plus fragiles. Toute une machinerie incroyable a été dissimulée dans ces murs en 1888 grâce aux moyens de Gabriel Thomas, financier qui participa au projet... Tu n'imagines pas les jeux qu'on peut inventer avec ce joujou que j'appelle mon palais des merveilles..."

Encore une fois une sensation étrange prends le contrôle de son sexe, elle a l'impression de sentir chaque partie d'elle se mettre à battre ou à onduler, son utérus, sa vulve, et même son anus, c'est étrange et presque désagréable... "Ne t'inquiètes pas mon coeur, je veux juste te faire découvrir le plaisir ayurvédique, la cogition sexuelle." Et doucement il enfonce son sexe en elle, c'est incroyable comme elle est réceptive à chaque relief de sa verge, comme si chaque sensation était décuplée. Elle sent son gland venir appuyer cette zone plus sensible, son point-G, ses testicules taper contre ses lèvres. Elle sent son pouce qui s'enfonce doucement dans son anus, mais elle le sent disproportionné, comme un deuxième pénis, deux hommes s'occupant d'elle. Elle n'a jamais senti autant de sensibilité, le moindre mouvement est un délice. Elle qui pensait que seul un doigt habile pouvait stimuler sa zone la plus cachée, elle sent aux ondulations profondes de son ventre le plaisir arriver, d'elle même elle donne de grand coup de reins pour l'amener à jouir, pour qu'il tape encore plus sur cette zone devenue explosive. Des ondes sourdes montent en chaleur du plus profond d'elle se transformant en jouissance animale, elle pousse un râle plus qu'un cri, des sons inarticulés, les formules magiques du plaisir, la langue des amants...

Alors l'homme se retire d'elle et vient lui présenter sa verge qu'elle prend gourmande en sa bouche, la suçant avec avidité. Elle aspire et serre les lèvres pour le faire exploser, se faisant vulve, et répondant à chaque soupir, à chaque frisson du membre. L'homme se sert d'elle, il va et vient plus vite, et son sexe semble brûlant. Elle sent le moment où tout son être se tend, alors qu'il éjacule, encore et encore, de longs jets qu'elle savoure. Son sperme est chaud, épais, doux et parfumé, sans doute grâce à de mystérieuses tisanes. Elle en boit chaque goutte, entendant avec satisfaction son amant soupirer.
Il la couvre alors de baisers, la fait se relever, détache ses entraves. D'un linge humide au parfum de fleur d'orangé il lave délicatement les écritures, se montre attentionné. Et une fois que son corps est immaculé, tous les deux debout s'enlacent, dans la douce lumière rouge. Il lui prend la tête, se perd dans ses yeux bleus comme on ouvre une fenêtre sur le monde, et l'embrasse encore sur le nez, les yeux, la bouche, son haleine a une odeur de fruits, un peu melon, un peu pèche. Alors il dit doucement "Mon coeur, ça fait une heure... et cinq minutes... Tu ne m'en veux pas d'avoir abusé ?"
Alors elle éclate d'un rire qui, cristallin rebondit entre les toits de Paris et monte dans le ciel d'orage.

Dedicassé à S. pour la Nuit des Amusées, où toutes les muses sont de sorties.

(Copyright Ledormeurduvol Mai 2009)

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-08-2009 à 18h09


Catégorie : Les Enfers (adultes)
 

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  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10