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LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
Attention, certains de mes textes sont RESERVES A UN PUBLIC ADULTE et peuvent choquer. Personne ne vous oblige à les lire, et si vous ne m'aimez pas, passez votre chemin....
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 Rencontre avec la peur (1) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

 

(Première partie)

Depuis sa descente du train, la jeune fille a conquis une bonne partie de la ville, non pas qu'elle soit vraiment jolie, mais elle plait aux hommes, elle sait comment leur parler, se mettre en valeur, les emmener pile au niveau d'ébullition puis stopper net le jeu prétextant qu'elle n'est pas une "fille facile", faisant miroiter des soirées à venir et la possibilité d'aller plus loin.. peut-être après un bon restaurant, un spectacle de casino, un cadeau particulièrement acceptable.. bref c'est avant tout une allumeuse qui aime tendre des toiles et piéger les hommes, et comme une petite araignée qui vit à Madagascar, elle est piquante, le coeur chitiné d'une jolie cuirasse, et sait très bien tisser ses fils et dévorer ses proies...

Elle pose le fin verre de cristal sur la table basse, gardant dans la bouche un instant la gorgée de cherry pour s'imprégner du goût sirupeux, elle ferme un peu les yeux l'air concentrée, et penche légèrement la tête. C'est une attitude reflexe, elle donne l'impression d'écouter attentivement les paroles de l'inconnu, de boire littéralement ses mots. D'instinct elle sait faire ça, séduire à tout prix. Le cherry lui chauffe la gorge alors qu'elle est loin des paroles de l'homme, en fait elle pense, elle s'évade, son esprit trop jeune, trop futile, incapable de se concentrer, lui envoi des images de la mémoire cognitive, comme dans un demi sommeil...

Le bar, où elle l'a rencontré, il est tenu par des amies lesbiennes, c'est un endroit où les femmes sont moins embêtées par le matelot ou le soldat en goguette. Elle est au comptoir, sur un grand siège de bar, elle sirote un milk shake à la fraise, un peu de sirop vermillon coule mollement du verre sur ses doigts fins, il a la couleur du sang.
L'homme est debout, de l'autre coté de la rue, les voitures qui passent floutent son image comme les pales d'un immense ventilateur. Elle porte ses doigts à ses lèvres, sa langue recueillant le sirop.
L'homme est devant le bar. Il est grand, le contre jour dilue son visage comme une goutte d'encre tombée dans l'eau. De sa main elle secoue ses grosses boucles noires, elle sait que c'est son principal atout, cette chevelure de jais, brillante comme le mica.
L'homme est debout devant elle. Son visage est... mais qu'importe son visage, ils ont tous le même....

L'important ce sont les yeux, ses yeux. Elle aime voir le désir, l'envie, le besoin, en eux. Y trouver le regard du lion devant l'antilope, ce regard qui gèle le sang et crispe le ventre. Le regard du tueur face à sa proie. Ses yeux sont verts, avec des paillettes d'or dansantes, elles se changent en flammes alors qu'elle se perd dans son regard. Elle le voit se coller tout contre elle en écartant ses genoux de ses mains fortes. Se pencher à son oreille et sentir son souffle chaud dans le cou alors qu'elle ferme les yeux pour l'entendre dire en chuchotant d'une voix un peu rauque "Je vais te dévorer, boire ta chatte, et me nourrir de toi...".

Puis, elle le voit faire glisser sa robe fuseau le long de ses cuisses pour découvrir ses bas et son absence de culotte. Descendre doucement, lentement, sans la quitter des yeux.... Entrouvrir sa bouche pour en faire sortir une langue pointue, effilée comme une dague, qui bouge et se tord comme un serpent jeté sur les braises... Elle sent cette langue vivante se vautrer en ses chairs, fouiller son intimité, se faire râpeuse sur son clitoris qui gonfle.....

L'homme est près du juke box, il glisse sa pièce et enfonce deux touches, puis revient boire son bourbon que la serveuse vient de lui servir. La voix des Andrews Sisters nappe alors le bar, des mots s'élèvent

"Little man walked up and down,
To find an eatin' place in town
."

Elle détourne la tête, l'esprit encore dégoulinant d'images érotiques.. Elle sent le rouge aux joues former chaleur, sa culotte se mouille de ses fantasmes, les éphémères virevoltent dans son ventre.

"He looked the menu thru and thru,
To see what a dollar bill might do
."

Ses yeux font semblant de s'intéresser aux deux femmes au fond de la salle qui se sont levées pour danser lascivement...

"One meat ball,
All he could get was one meat ball
."

Il lui a alors parlé, des mots qu'elle n'écoutait pas, comme elle n'écoute toujours pas ce qu'il lui dit en ce moment, elle sait juste que complètement sous son charme, l'araignée est devenue proie, soumise à ses yeux ouverts vers des mondes inconnus et qu'elle a laissé son milk shake pour le suivre dans un appartement inconnu.

Les filles se caressant les seins sous les paroles de

"Little man felt so very bad,
One meat ball is all he had
."



(Deuxième partie)

Son esprit trop jeune, trop futile, se balade, d'objet en objet ses yeux se posent, rêvant d'histoires interdites, de mystères Hindous, de rites Egyptiens... Ici un masque Africain piqué de centaines de clous aux formes approximatives, là un oeuf forgé de morceaux de nacre taillée, plus loin un kriss Malais à la lame ondulée, ou bien cette chatte empaillée portant dans sa gueule son petit, empaillé lui aussi. Nombreux sont les objets qui la font frissonner...

Elle secoue un peu la tête, essayant de retrouver son intérêt pour la conversation, ou du moins faire semblant. Il parle, de choses qu'elle ne comprend pas, ses grandes mains brassent l'air, il souligne ses phrases en apportant des effets de manches comme un avocat, il détourne l'attention ou bien la capture tel un magicien, il la fascine. Sa voix est ouatée, lointaine, elle ronronne dans sa tête comme dans un demi sommeil. Le cherry lui tourne la tête, ou il fait trop chaud, le visage de l'homme est toujours flou, elle ne voit que ses yeux, et ses dents, petites et pointues, comme celles d'un chat.
Qui est-il? D'où vient-il? Pourquoi l'a t'elle suivi? Il se penche vers elle, place sa main sous son menton, la soutien, elle est devenu lourde comme du plomb. Son visage s'approche d'elle dans un brouillard, un visage flou, avec juste deux grands yeux de chat. Puis, le plafond devient plancher, des torrents d'eau noire, chaude et douce, rentrent par les fenêtres et enveloppent son corps, elle se laisse prendre par les ténèbres...

"And in his dreams he can still hear that call
You get no bread with your one meat ball
."

La douleur d'abord.... Non pas vraiment une douleur, mais une gêne, on se réveille dans une position inconfortable, des fourmis dans les membres... On ouvre les yeux, mais on ne voit rien... La femme se demande si elle dort, si elle rêve. Mais il fait froid, vraiment froid... Et elle sent un peu de vent glacé sur sa peau, sur toute sa peau... Elle est nue... Cette gêne, cette sensation d'avoir du mal à respirer, c'est la corde, celle qui passe sous ses bras, sous ses seins, entre eux, ficelée comme un paquet cadeau par une corde épaisse qui lui mord la peau...

Les yeux s'ouvrent alors le plus possible, la bouche aussi, pour pousser un cri silencieux, les plus grandes peurs sont muettes. Elle se tort, veut s'échapper, remue en tous sens... Peine perdue, elle flotte dans le vide, dans l'obscurité, elle ne fait que peler son derme avec le chanvre.

Et le temps passe... son cerveau n'a pas encore complètement analysé la situation alors que ses yeux essayent de s'habituer à l'obscurité...

Il n'y a aucun bruit, juste celui de son souffle, et de temps en temps le craquement de la corde... Le silence devient intolérable, encore plus que les ténèbres... Elle hurle, des cris désespérés, des hurlements de bête, qui lui brulent la gorge et lui font mal aux oreilles... Elle hurle... encore et encore…

Et le temps passe... elle ne sent plus trop ses bras et ses jambes, engourdis. Après un long silence, elle parle... Elle LUI parle. Des centaines de pitié, de pardon, de pourquoi. Elle lui promet son argent, son corps, son âme. Mais personne ne réponds... Alors elle se parle à elle même... Et le temps passe...

Maintenant elle distingue certaines choses, l'ombre d'une porte en contre bas, l'ombre d'une pièce ronde, peut-être une tour, l'ombre d'ombres plus sombres encore... Elle imagine ce qu'elle ne voit pas et elle voit se qu'elle imagine... Elle tend les pieds pour toucher le vide. Elle estime qu'elle doit être à... un mètre ou deux du sol. Dans une tour ou un donjon. Accrochée à une poutre. Et qu'on va la laisser mourir de faim, de soif, et de froid... En tout cas elle l'espère! Plus que tout le reste de ce qu'elle pourrait imaginer. Alors elle ferme les yeux pour s'endormir, pour mourir... Et le temps n'en fini pas de passer...

Elle sort de sa torpeur en ouvrant grand la bouche, happe l'air comme un presque noyé qui sort sa tête de l'eau. Elle respire à grandes bouffées l'air moisi et humide. La peur vient de la rejoindre et devient sa compagne, son amie fidèle... Elle s'agite, remue dans tous les sens, gémit, grogne, insulte, et pleure... Et soudain se fixe......

La corde lui semble plus lâche, par ses mouvements elle a déplacé un noeud, ou l'a défait. C'est très léger, mais elle en est sûre, la corde se fait moins prison. Alors elle déplace son bras, se contorsionne, rentre son ventre. Elle tort son poignet, manque de se démettre une épaule, éloigne un coude de son corps pour étirer la corde. Elle se fait serpent, ondulante, acrobate nue à la peau rougie par le froid et le frottement.

Ca y est, un bras est libéré, et grâce à ce bras elle peut attraper l'un des noeuds au dessus de sa tête, se suspendre, dégager son autre bras. Elle doit faire attention, plusieurs noeuds ont été fait pour ne pas stopper sa circulation sanguine ou l'empêcher de respirer, elle doit dégager la boucle qui était autour de ses épaules, et qui maintenant s'est resserrée autour de son cou, sans lâcher la cordeprincipale et se trouver étranglée...

Elle transpire beaucoup malgré le froid, et cette sueur l'aide à faire glisser les cordes encore trop serrées. Petit à petit, elle se libère, mais elle s'épuise, l'adrénaline sature ses veines, rend son souffle court. Il ne reste plus qu'une boucle qui passe autour de sa taille et entre ses jambes lui meurtrissant la vulve. Elle n'est pas capable de tirer assez fort sur ses bras pour libérer le bas de son corps. Et ses forces s'affaiblissent, ses bras et ses mains se tétanisent à la garder accrochée au noeud principal. Elle essaye d'évaluer les risques, d'éviter de nouveaux pièges, si elle lâche la corde, elle va partir en arrière, faire une chute de un ou deux mètres, tomber sur la tête ou peut-être rester accrochée par les pieds si la boucle se resserre plus vite que sa chute.... Alors elle compte jusqu'a trois, prends une grande respiration, lâche la corde, et se protège la tête de ses mains et de ses avant bras...

Et elle heurte violemment le sol froid, une douleur très forte la transperce, elle est tombée sur son épaule droite et a entendu un craquement sinistre. Elle ne bouge plus, ne peut plus bouger, la douleur l'empêche de respirer. Elle pense qu'elle s'est cassé une cote en tombant car elle a du mal à respirer. Elle doit reprendre son souffle. Elle essaye de basculer sur le coté pour un peu récupérer, et surtout ôter des petites pierres et des clous qui ont pénétrés sa chair lors de sa chute. La corde qui devait être autour d'une poulie est tombée avec elle et recouvre ses jambes. Elle cherche de la main autour d'elle, caresse le sol du bout des doigts. Elle ne trouve d'abord que de la poussière et des débris quelconques, puis en tendant un peu plus son bras, elle touche une flaque d'eau et porte ses doigts à sa bouche pour tenter de se désaltérer. Elle commence à s'habituer à la douleur sur son coté droit, si elle s'empêche de respirer à fond...

En essayant de se relever, elle se rend compte qu'elle s'est fait très mal à une cheville, ce n'est pas cassé, mais suffisamment douloureux pour l'empêcher de se mettre debout, alors elle marche à quatre pattes, nue, sale, blessée. Elle redevient animal, fouillant des ongles l'espace qui devient son nouveau territoire. Les murs sont en effet ronds et les pierres anciennes, le sol irrégulier fait de gros pavés. Elle trouve enfoncé dans le mur un gros anneau, et elle imagine des prisonniers attachés à celui ci. Contre le mur elle trouve un morceau de toile épaisse, un reste de sac de jute ou équivalent, avec lequel elle se couvre les épaules, indifférente aux insectes qui cavalent sur son corps.

Elle décide d'explorer la pièce, mais par sécurité, ramasse la corde et l'enroule autour d'elle, puis fixe l'autre extrémité à l'anneau sur le mur. Cette corde qui était son instrument de torture devient son fil d'Ariane.
Gardant une main sur le mur, elle fait le tour de la pièce en tâtonnant, et soudain bute sur quelque chose qui la fait hurler, elle vient de manquer de tomber sur quelque chose de mou, assez grand, sous une couverture, sans aucun doute un corps! Elle n'est pas la première à avoir été enfermée là, c'est sur, et voilà comment elle aurait du finir! La peur panique revient et elle s'éloigne du mur allant vers le centre de la pièce, et sent soudain le vide sous ses membres, la moitié de son corps bascule dans le vide, et heureusement la corde lui sauve la vie. Elle griffe le sol de ses doigts, cassant ses ongles, se raccrochant comme elle le peut, et arrive à se hisser pour sortir du vide. Il y a un trou très large au centre de la pièce, et elle n'a pas du tout envie de savoir ce qu'il y a au fond, ni sa profondeur! Mais ça explique la présence de l'anneau au mur, et de la poulie au plafond, on devait se servir d'eux pour descendre quelque chose dans le puits.

Encore une fois, elle essaye de reprendre son souffle, elle n'a plus mal, son corps est saturé de substances qui lui permettent de tout affronter... Tout, mais pas le gémissement qui s'élève du corps à coté d'elle, une longue plainte qui glace les sangs. Elle réalise alors que la personne n'est pas morte, qu'il y a un nouvel espoir, à deux on est plus fortes!

"Bonjour Sucrerie! Content de voir que tu es éveillée!" la voix déchire le silence que seuls les gémissements avaient égratigné, elle vient de plus haut, d'une sorte de balcon ou d'ouverture.

"Alors Elizabeth? Tu as réussi a te libérer je vois, je ne pensais pas que tu aurais la force, tu me vois étonné. Généralement mes sucreries m'implorent de leur donner le baiser froid de ma lame, comme une bénédiction, comme un ultime..."

"Espèce de pourriture!!! Tu te prends pour qui? Espèce de salaud! On m'a vu partir avec toi, on le dira aux flics!"

"Pauvre petite boule de viande sans cervelle... Tu crois vraiment ce que tu dis? A l'avenir, évite de me couper la parole, je ne pense pas que tu sois en position de me résister... Personne, je dis bien personne ne sais que tu es là, et qui je suis..."

La forme sous la couverture gémit encore, et se met à bouger, semblant se réveiller d'un sommeil pénible. Elizabeth se sert contre elle, la protégeant, et cherchant à trouver un peu d'humanité face à cette voix qui s'élève de nulle part.

"Ohhh ma sucrerie! Je vois que tu te fais un ami? C'est un petit cadeau que je t'ai fais, pour que tu te sentes moins seule..."

A ces mots, Elizabeth se rend compte qu'elle avait pensé à tort que la forme était une femme. Cette forme essaye mollement de se dégager de la couverture en grognant. Quand la couverture tombe enfin, la jeune femme essaye de distinguer dans le noir le visage de cet homme qui a l'air de souffrir. Elle touche son visage et sent un liquide poisseux. Il a une barbe courte, ses cheveux sont collés sur son visage. Elle se rapproche pour distinguer ses traits, et réalise avec horreur que ses paupières ont été cousues... Elle hurle d'effroi alors que l'homme aveugle tend les mains vers elle...

"Il te fait peur Liz? Tu peux avoir peur! Je te présente Georg Danke, il a fait un long trajet pour te rencontrer... Je lui ai ôté la vue pour que le jeu soit plus drôle, mais il a une ouïe remarquable! Toi qui est une dévoreuse d'hommes, tu va savoir ce que c'est, à ton tour, d'être dévorée... Je te présente "l'Ogre de l'Utah", ce charmant monsieur qui t'accompagne est cannibale, et a déjà tué 12 personnes! Et je peux te dire que c'est un vrai gourmet!!!!"

La peur à nouveau cisaille le ventre de la femme qui place sa main collante de sang sur sa bouche pour s'empêcher de hurler... Elle recule alors que l'homme, qui sort peu à peu de la léthargie causée par des tranquillisants, lance ses bras dans tous les sens avec violence... Sa bouche à moitié édentée se tord et vocifère, ce sont des cris de fous qui emplissent la tour.

Elle donne des coups de pieds, essaye de le repousser, cherche dans la poussière la moindre arme qui pourrait l'empêcher de la toucher. Mais c'est l'homme qui en trouve une, un long couteau qui brille dans les ténèbres. Elle se rend compte alors que si elle avait eu l'idée de fouiller la couverture pendant qu'il était endormi, c'est elle qui aurait le couteau! Elle se met à hurler de peur et son cri révèle sa position. Le visage de l'homme, déformé par la rage, se tourne instantanément vers elle... Il sait où frapper et d'un coup de lame lui entaille les joues de gauche à droite, transformant son cri en rictus sinistre.

Sous l'effet de la douleur elle recule. Le sang chaud lui inonde la bouche, elle s'étrangle avec. Elle panique, sent ses tempes battre et une chaleur l'envahir, il ne faut pas qu'elle s'évanouisse, surtout pas! Elle recule encore et sent le puits juste à coté d'elle... Fuir... Il y a forcement une solution... Tout plutôt que de se faire attraper par cette... chose...
Alors elle s'assoie sur le bord du puits, les pieds dans le vide, elle prend une grande respiration, son flanc la fait souffrir, le sang coule sur ses seins. Elle entend l'homme dans son dos qui s'approche, la cherche... Elle se lance dans le vide.

Sa chute est immédiatement arrêtée par la corde nouée autour de sa taille. Elle souffre encore plus de sa ou de ses cotes cassées, son souffle se fait court, sifflant. Et soudain... Elle sent qu'elle remonte, qu'on la hisse petit à petit vers le haut, c'est l'homme, il a trouvé la corde, il s'en sert comme le ferait un pécheur, il a si faim...

Alors de ses doigts meurtries, de ses ongles cassés, elle tire sur la corde, essaye de dénouer le noeud qu'elle a fait, elle s'empresse, panique. Elle sent les pierres du puits dans son dos la griffer, elle sent le souffle de l'homme, sa salive qui coule sur ses cheveux, elle sent le regard de celui qui scrute les ténèbres pour la voir paniquer, celui qu'elle a voulu séduire, celui qu'elle n'aurait jamais du rencontrer...

Et le noeud cède enfin! Elle s'enfonce dans le néant, en silence, sans un bruit......

Juste celui, quelques mètres plus bas, de la lame de faux placée en travers du puits qui vient de la couper en deux...

L'homme fini son verre de cherry et le jette dans la pièce en contre bas. Il a tout vu, ses yeux perçant la nuit comme ceux des chats. Le cannibale en contrebas redresse la tête et se met à pleurer comme un enfant.

"Shorter than short!" plaisante l'homme en regardant le puits, et il s'adresse au fou en contrebas "Désolé Georg, même avec ton dollar, tu n'as pas eu ta boule de viande! Une prochaine fois peut-être?"

Et l'homme disparait dans l'obscurité en sifflotant joyeusement un air des Andrews Sisters...

Le lendemain, le soleil du 15 Janvier 1947 se lève sur les restes mutilés d'une jeune fille de vingt-deux ans...

 

Très librement inspiré de l'affaire du Dahlia Noir...


(Copyright Ledormeurduvol 2008)

 

(Musique: The Andrews Sisters "One Meat Ball")

  Ecrire un nouveau commentaire Posté le 04-08-2009 à 10h06

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 Liste des commentaires Ecrire un nouveau commentaire

 1 - dadou a écrit le 04-08-2009 à 10h30
 Son blog/site : http://lessentimentsdunevie.allmyblog.com

ça fait froid dans le dos ton histoire tu es doué(e) tu pourrais être ecrivain c'est un vrai plaisir de te lire
 

 2 - gabrielle ondal a écrit le 08-09-2009 à 20h04
Lu
J'ai tout lu, car l'écriture le méritait, mais je me demande si j'ai bien fait.
Une telle horreur humaine ! Pourquoi se plaire à en reparler ?
J'ai toujours eu du mal, de l'incompréhension, à saisir le plaisir que l'on peut en tirer...
 

 3 - LaughingCorpse a écrit le 22-02-2012 à 14h26

Très prenant, très haletant, encore une fois
 


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  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10