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LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
Attention, certains de mes textes sont RESERVES A UN PUBLIC ADULTE et peuvent choquer. Personne ne vous oblige à les lire, et si vous ne m'aimez pas, passez votre chemin....
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Un jour... je poserai mon porte-plume, fermerais mes bouteilles d'Encre à dessin Rohrers bistre et sépia, rangerais dans la boite de laque rouge Chinoise mes fusains, craies sanguines, pinceaux Japonais de bambous, estompes et gommes mie de pain que j'ai façonné en formes de crânes. Je rangerais délicatement dans ma sacoche de médecin de campagne en croûte de porc ma boite d'aquarelles Italiennes, les tubes de Tempera à l'oeuf Daler Rowney, les médiums, les bouteilles de siccatif, térébenthine, l'éther qui m'enivre et calme mes modèles quand je deviens Fragonard sculpteur de chairs; mais aussi les petites fioles de vernis à craqueler, à retoucher, patine, poudre d'or et de bronze, et celle de sang séché. Dans l'étui de cuir noir qui sent le moisi aux chiffres "1888" dorés à moitié effacés, je replacerais mes "outils", le scalpel brillant, le long couteau à cartilages, la pince à disséquer, le marteau à crochet, la scie à os, le périostotome, le costotome, le ciseau burin, le rachitome de Mussat, quelques rugines à 5 tranchants...

Je caresserais doucement les têtes de Angelo le blanc et de Buono le noir, mes deux chats angoras, mes fidèles amis depuis de si longues années, en regrettant quand même de n'avoir pas eu le temps de remplacer l'oeil de Bueno qui en tombant à roulé sous l'armoire. Je rangerais dans leurs pochettes jaunies mes 78 tours d'opéras, et dans leurs boites les cylindres de cire pour mon phono-Lyre Puck de marque Carette de 1910. Combien de fois ai-je écouté "Un bel dì, vedremo" de Madame Butterfly gravé en 1906 dans la cire conservatrice? Et également Faust, La Nonne sanglante, Pia de' Tolomei, ou le Persée de Lully aux mots que j'aime tant entendre:

"Je porte l’épouvante et la mort en tous lieux;
Tout se change en rocher à mon aspect horrible;"

Qui me font songer au logogriphe de Joséphine Audra que j'ai punaisé sous le tableau de Hébert Ernest Antoine Auguste "Ophélie":

"Ami lecteur si tu me décomposes
Voici mes quatre métamorphoses.
Je fais voler sur les eaux
D'immenses bâtiments et de frêles bateaux.
Tu ne peux sur ta table
Supporter mon goût détestable.
Enfant de la fureur
Je porte en cent pays la mort et la terreur.
Enfin, je suis un amas d'eaux fangeuses
Où le chasseur souvent fait des prises heureuses."

Mais en parlant de tableaux, d'Ophélie, il faudra aussi que je désencadre ma reproduction de Paul Delaroche, et aussi le tableau de Ligeia, le suicide d'Edouard Manet, et les autres tableaux que j'aime: Paul Delvaux, Edvard Munch, Klimt, Henner, Madeleine Scellier, Michèle Grosjean, Gottfried Helnwein, photos de Aziz & Cucher, de Joel-Peter Witkin, ma gravure de Bérénice, celles de Mucha, de Hans Bellmer, les dessins d'autopsies de Sir John Westling, que je roule dans du coton le masque mortuaire de "l'inconnue de la Seine" repêchée en 1880 au sourire serein et énigmatique figé par la froideur de l'eau et de la mort, ma miniature d'une tête de Moaï, les sculptures de Giger, mon morceau de roche de couleur tombé du ciel, la poupée vaudou en bois lardée de piques et remplie des fèces de mon ennemi, la figurine d'un dieu païen à tête de poulpe, le godmiché d'ivoire qui grâce à un savant mécanisme fait jaillir des lames de rasoirs, ayant soit disant appartenu au divin marquis, le crâne de Lovecraft ou en tout cas vendu comme tel (le vendeur Chinois m'avait proposé le même jour le crâne de Lovecraft mais enfant pour moins cher)...

Il faudra aussi emballer ma vieille machine à écrire trouvé dans un commissariat de Raccoon sur laquelle j'ai sauvegardé tellement d'aventures imaginaires, mon amulette Tibétaine, mon cube orné sur toutes ses faces de dessins et symboles inconnus dorés, mon praxinoscope ou "lanterne magique" de bordel et son film muet sautillant montrant sur le mur fissuré de ma cuisine la danse orientale d'une prétendue ghaziya obèse faisant sa danse du ventre sans savoir qu'elle est morte depuis 2 siècles...

Je coucherais aussi dans les "chips" de polystyrène mon carcan de tête garni de pointes à l'intérieur que mon père m'a offert pour un anniversaire, mes bouteilles d'un excellent Chianti qui vont si bien avec un plat de foie aux fèves, les bocaux remplies de liquide jaunâtres qui laisse à peine voir des organes nécrosés et des foetus de porcs à 3 yeux ou 5 pattes, ma collection de dents d'enfants achetée à un dentiste de Boston deux jours avant qu'il ne se suicide en buvant du lait de chaux coupé au nitrate d'argent.

Je devrais aussi trouver un endroit pour préserver mes précieux ouvrages et mon savoir acquis, car un homme qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle... Je léguerais donc mes éditions originales de E. Allan Poe, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Maupassant, Wordsworth, Lewis, Sade, Casanova, Oscar Wilde, Robert E. Howard, H.P. Lovecraft, Mary Shelley, Lord Percy, Abraham Merritt, Graham Masterton, William H. Hodgson, Robert Bloch, Théodore Sturgeon, J.H. Rosny âiné, Claude Seignolle, Bram Stoker, Jean Ray, Frank Belknap Long, Dennis Wheatley, sans oublier Jules Verne, H.G. Wells ou Sir Arthur Conan Doyle.... Et tellement d'autres!!

Je devrais aussi me débarrasser de mes nombreux films, allant du Nosferatu de Murnau au Silent Hill de Gans, en passant par tous les films de Tod Browning, de Ed Wood, ou de Tibor Takacs, tous les Hellraisers, Helm Street, Saw, Ring, Eyes, Hammer, et autres films d'ultra-violence que je regarde d'un oeil amusé en sirotant mon moloko synthemesc...

Puis, je pousserais la lourde maie qui recouvre la trappe... Je l'ouvrirais en tirant la poignée rouillée, je serais sans doute surpris par l'odeur de moisi qui viendra agresser mes narines. Je descendrais alors les marches de pierres en m'éclairant d'une bougie de suif qui vacillera à cause de la saturation de gaz carbonique, je descendrais, je descendrais, écrasant de temps en temps une épeire ou un cloporte... J'arriverais à la lourde porte de l'occultum, j'ôterais alors tous mes vêtements, avant d'ouvrir la porte et de la refermer derrière moi... Dans la grande pièce parfaitement ronde où j'ai décroché le pendule et bouché le puits, je sentirais la morsure du froid sur tout mon être, je poserais alors la bougie sur le sol poussiéreux encore taché du sang de Liz, elle n'arrivera à éclairer que les deux premiers mètres autour de moi. Je prendrais alors le gros sac de toile de jute que j'avais laissé là en prévision, j'en sortirais les briques et la bombe de ciment instantané... Et maladroitement, dans le peu de lumière qui vacille, les doigts gourds, je poserais chaque brique pour obstruer l'ouverture de la porte, rendant l'occultum plus occulte que jamais, lui rendant ses vraies racines grecques "crypte"...

L'air saturé de gaz commencera à m'enivrer, le froid à m'engourdir, je m'allongerais alors sur le sol, déplaçant la poussière, révélant les nombreuses traces d'ongles qui ont jadis griffé la pierre... La bougie s'éteindra, comme quand, enfant, ma mère arrêtait ma veilleuse avant de m'embrasser sur le front...

"Dors mon petit, maman est là..."

"Maman? Ne me laisse pas maman... J'ai froid... Maman?.."

"Maman?... Tu es là?..."

"Maman?"

...

..

.

 

 

(Copyright Ledormeurduvol 2008)

  Ecrire un nouveau commentaire Posté le 04-08-2009 à 09h46

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 1 - dadou a écrit le 04-08-2009 à 10h10
 Son blog/site : http://lessentimentsdunevie.allmyblog.com

quand j'ai lu le passage avec les bouteilles de chianti et le plat de foie aux fèves ça m'a fait penser à hannibal lecter lol.Merci de m'avoir mis dans tes favoris ça me fais plaisir.
 

 2 - LaughingCorpse a écrit le 22-02-2012 à 14h44

Je cherche mes mots... je ne trouve pas de tournures appropriées pour exprimer mon avis.
J'ai ressenti ces lignes comme un ultime testament avant une mort, un suicide préparés, choisis avec soin. Une telle précision est vraiment troublante.
 


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  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10