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LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
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Elle arrive à l'heure, ou presque, un très léger retard. Au bout du passage couvert de métal et de verre, la grande horloge décorée de stucs indique déjà 14h05. Le passage Jouffroy pour une fois est désert, le mauvais temps n'incitant pas les gens à sortir. Elle cherche l'adresse, le coeur battant un peu rapidement, et déjà une douce sensation au ventre. Elle trouve assez rapidement la porte grillagée et l'interphone doré avec un gros bouton en métal brossé.

"Oui ?" la voix résonne dans l'allée, un peu nasillarde comme une vieille radio. "C'est moi...", elle a failli ajouter ".. ton cadeau...", mais ça semblait déplacé.. "Ton prix ? Ta récompense ?" en attendant que la porte s'ouvre elle recoiffe machinalement ses longs cheveux noirs. Après tout comment dire cela?

Elle a eu cette idée un peu folle de se proposer en enjeu dans un concours de beaux textes érotiques. Le gagnant se verrait offrir une heure en sa compagnie. Oui mais une heure de quoi ? De bonheur ? De délices ? De folie ? Et si c'était un malade qui lui montre sa collection de timbres pendant une heure ? Débattant des dents d'un Cérès rose de 80 centimes émis en 1872 et gravé par Anatole Hulot célèbre galvanoplasticien et non moins Franc-Maçon de la Monnaie de Paris.

C'est à ce moment là que la porte s'ouvre d'elle même coupant net ses réflexions. Elle est surprise de découvrir un ascenseur, sans doute ancien, à la moquette à moitié arrachée et limée par le temps. Juste un étage et la porte s'ouvre sur un long couloir. Des portes fermées, certaines barricadées, font un peu penser à un squat. "Mais où je vais là ?" se dit-elle en avançant, passant devant des vieilles affiches de magiciens: Fred Kaps, The Great Tomsoni, Arturo de Ascanio, Slydini... Au fond du couloir une porte est entre-ouverte, qu'elle pousse doucement, les yeux grands ouverts...

"Entre !" La voix est assurée, chaude, amicale. L'ambiance de la pièce également est chaude et rassurante, de grandes tentures rouges décorent les murs, certaines en batik avec des motifs javanais ou des idéogrammes chinois, d'autres, en soie, bougent mollement, se gonflant comme des voiles de navire sans doute à cause de la climatisation ou d'une fenêtre invisible. De l'encens doit brûler, il y a une odeur de bois de cèdre et de chèvrefeuille. "Entre donc, et ferme la porte", l'homme est lui aussi porteur de soie, ou d'un tissu qui brille un peu à la lumière, une sorte de kimono noir satiné, avec des dragons dorés brodés. C'est un peu kitch mais ça lui va bien, et elle est particulièrement fascinée par ses yeux qui semblent la traverser et lire en elle. "L'heure est commencée j'imagine, à partir du moment où tu es en face de moi ?" elle répond un "Oui" un peu timide essayant de fixer son regard pour se donner un peu d'assurance.

"Alors, déshabille-toi !" dit l'homme qui ne la quitte pas des yeux. Alors doucement, elle retire sa chemise, ôte son pantalon, espère que l'homme ne voit pas trop l'excitation qui inonde sa culotte, elle ôte son soutien-gorge et sent le regard de l'homme sur sa poitrine, petite mais charmante. Une main cachant pudiquement ses seins, elle retire sa culotte. La voici nue et le temps s'arrête.

L'homme la détaille, fait de ses yeux des pinceaux qui caressent ses courbes, lèchent ses formes, débusquent sa féminité un peu trouble.

"Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits..."

Sa voix est douce, calme, posée, il dit ces quelques vers tout en versant le contenue d'une théière japonaise dans un petit bol. En souriant, comme un chat qui vient d'attraper une souris, il s'approche et lui tend le bol. Il est décoré en son fond d'une sorte de geïsha à l'air ingénu assise sur un énorme vit qui semble sortir de terre. L'illustration bouge au gré du liquide ambré et fumant. "Thé bergamote et orange, avec un trait de vodka à l'herbe de bison.. Bois sans crainte".

Elle porte le bol à ses lèvres et avale une gorgée, c'est chaud, doux, et bon. Une goutte de thé coule sur son menton, puis entre sa poitrine, et descend sur son ventre. Elle regarde l'homme dans les yeux et se mord la lèvre inférieure comme une enfant prise à faire une bêtise. Il se penche et d'un coup de langue lape la goutte qui avait dépassé le niveau de son nombril. Il ferme les yeux et hume son parfum, s'enivre de l'odeur de son sexe, puis revient la fixer droit dans les yeux.

"Tu as fini ton thé ? Alors, vient..." Il lui prend la main et l'amène vers une sorte de futon posé au sol, là, il lève sa main au dessus de sa tête et elle comprend qu'il l'attache à une sangle de cuir grâce à un foulard ou quelque chose de très doux. Ses gestes quoique fermes et précis sont plein de douceur. Il attache son autre main, puis ses pieds, et même sa taille.

"J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps sans doute que je m'éveille. C'est de Desnos, tu connais ?. Ton corps est magnifique, je vais t'apprendre à l'écouter. Le corps d'une femme est une partition vierge, avec les notes que je vais écrire sur toi, nous allons faire une symphonie."

L'homme écarte une tenture qui se trouve en face d'elle et révèle une grande glace à trumeaux, elle se voit offerte et si fragile, ce qui lui fait un peu peur mais l'excite aussi énormément. Il va chercher un autre bol et des sortes de pinceaux. " L'érotisme, c'est de donner au corps les prestiges de l'esprit. Ca c'est de Georges Perros, un poète à redécouvrir..."

Après avoir trempé le pinceau dans une sorte de peinture, il commence à dessiner doucement sur son sein droit. "Tu te demande ce que je fais ? N'est-ce pas ? Alors, je t'explique, chaque bol contient des huiles essentielles de plantes et des colorants naturels un peu comme le henné. Les plantes utilisées sont toniques, aphrodisiaques et stimulantes, les mélanges sont plus ou moins dosés en Hydrocotyle, yohimbe, withania, et Ficoïde. Les mélanges sont savamment étudiés pour avoir des effets accélérateurs ou retardant sur le plaisir et les sensation. Ils peuvent stimuler tes zones érogènes et littéralement télécommander ton désir. Ainsi, lorsque je dessine sur ton corps un kanji, un pictographe zhishi, par exemple l'image de la pluie tu vas te mettre à transpirer plus, et si c'est le symbole de la rivière, tu vas mouiller davantage, mais est-ce bien utile alors que tu es déjà trempée ?"

L'homme a fini de dessiner sur sa poitrine, dans la glace son reflet ressemble à un beau livre couvert de lettres complexes et étranges.
"Le souffle de l'oiseau au soleil de printemps, c'est ce que je viens d'écrire, je te laisse apprécier ses délicates pattes et ses petits coups de bec..." dit-il avec un grand sourire un peu diabolique, puis il se penche, utilisant un autre bol, pour dessiner des idéogrammes au dessus et en dessous de son nombril. Elle se dit que l'heure va passer lentement si ça se limite à ça, que...

Mais d'un coup elle sent un courant d'air sur ses seins. D'abord frais comme un vent léger, il se transforme en souffle, chaud, comme si une bouche invisible touchait presque sa peau. C'est ensuite des fourmillements, une étrange impression, comme des milliers de petites mains caressant sa poitrine, puis se concentrant sur ses mamelons l'effleurement de plumes... C'est divin, et si étrange! Elle ouvre la bouche un peu surprise, tend la poitrine, met sa tête en arrière, savoure cette sensation.

L'homme a fini ses dessins, il a presque couvert le corps de la femme de ses signes, il pose ses bols et ses pinceaux, laisse glisser son vêtement par terre, et vient s'assoir sur le futon, en face d'elle, montrant une belle érection. Elle est fascinée par cet homme qui ne parle plus, se contente de la regarder en silence, par sa queue dressée comme une offrande.

Et cet à ce moment là qu'elle sent une source couler sur son ventre, fraîche, avec l'impression que des morceaux de glace passent de façon concentrique autour de son nombril, elle ferme les yeux, se sent allongée, la tête baignant dans l'eau tiède d'un lagon, une cascade d'eau glacée tombant de trente mètres de haut sur son ventre, elle est le centre de l'univers, emportée par un tourbillon violent... "La cascade des mille plaisirs j'imagine ? parfaite pour te détendre et te préparer au reste..."
"Le reste ?" dit elle dans un murmure, assommée de sensation, avalant sa salive qui se fait abondante. "Oui, le baiser du dragon devrait atteindre ton clitoris et la soif du fruit mûr envahir ta chatte."
"La soif de quoi ? OoooOOh" Elle vient de tendre le bassin sous une forte sensation... "Mon dieu... que me fais-tu ?? Aaahhh.... C'est trop bon..."

Alors l'homme appuie sur une commande à coté de lui, et elle se sent bouger. Les courroies qui la tiennent sortent du mur, de fentes cachées par les tentures. Elle est comme une marionnette à fils, petit à petit les courroies des bras l'amènent à l'homme, se détendent pour l'incliner vers lui, s'aidant de ses pieds, tirant sur les autres courroies, elle essaye d'approcher son ventre de sa bouche. "Baise-moi, je t'en supplie.... Mmmmm.... Oh non, ôte moi ça, ça me tue...." Elle se mord les lèvres alors que son sexe semble être en feu, elle a l'impression que son clitoris est devenu énorme, brûlant. Elle a la tête penchée en avant, le visage caché par ses cheveux collés de sueur.

Il laisse le doigt sur un bouton et elle sent plus de liberté dans ses mouvements. Debout sur ses orteils,le bas du corps tendu au maximum vers l'avant, elle prend sa tête dans les mains pour amener sa langue entre ses cuisses. "Mange moi, mange ma chatte, lèche cette putain de chatte ! Tu me rends dingue avec tes trucs !!" Elle est devenu chienne, ne veut plus qu'une chose, c'est sentir sa langue en elle, qu'elle apaise la chaleur qui la brûle.
Lui plaque ses mains sur ses fesses et l'attire vers lui juste à quelques centimètre de sa bouche, au limite de tension de la courroie. Elle bande du clitoris et son excitation mélangée de sueur lui coule le long de la cuisse, alors qu'elle a l'impression que des serpents électriques se lovent autour de ses jambes. "Ta langue ! Je t'en prie, éteins ce feu !" gémit-elle.

"Serais-tu comme Esope qui pensait que la langue est la meilleure et la pire des choses ?" et du bout de la langue il décrit des cercles sur son clitoris provoquant l'effet d'une délicieuse décharge électrique qui la tétanise de plaisir. De sa langue faite serpente, il goûte et pourlèche ses lèvres rendues plus sensibles, c'est comme un baume qui calme la chaleur. Elle se met à gémir doucement, comme de douces pleures, à chaque coup de langue qui l'apaise. Sa respiration se fait plus calme, elle est envahie de douceur et de plénitude. La pièce aux dominantes rouges se fait mer de nuage et bleu azur derrière ses paupières closes. Son ventre se serre, elle ne sent plus que cette langue qui fouille sa vulve, se presse sur son clitoris, sa respiration sur ses lèvres. Elle est dans une mer chaude, caressée par le courant, les poissons, une douce et apaisante mer chaude. La vague vient de l'emporter, un orgasme court mais profond qui monte de son ventre et lui fait pousser un petit cri, presque de surprise. La langue se fait plus tendre, plus douce, est remplacée par de légers baisers. Elle se met à respirer profondément, essayant de retrouver en elle cette étincelle délicieuse qui vient de la traverser.

Un mouvement, elle entre-ouvre les yeux, il vient de se lever, il vient d'appuyer encore sur des commandes et les courroies glissent et se déplacent sur les murs et le plafond. Petit à petit, dans un doux ronronnement de machine, invisible à ses yeux, elle se retrouve dans une position horizontale, les bras un peu plus élevés que sa tête, les jambes écartés, pieds au sol, le bassin soulevé et les fesses offertes.
"Tu dois te demander comment j'ai fabriqué cette machine non ? En fait, c'est de la récupération si je puis dire... Juste à coté il y a le musée Grevin fondé par Arthur Meyer et Alfred Grévin..." tout en parlant d'une voix douce, il caresse ses fesses, et elle sent qu'il applique un nouveau produit sur son anus, son périnée, et son vagin... "La pièce où nous sommes faisait partie des locaux servant à restaurer ou à finir les moulages des statues les plus délicates, des poses les plus fragiles. Toute une machinerie incroyable a été dissimulée dans ces murs en 1888 grâce aux moyens de Gabriel Thomas, financier qui participa au projet... Tu n'imagines pas les jeux qu'on peut inventer avec ce joujou que j'appelle mon palais des merveilles..."

Encore une fois une sensation étrange prends le contrôle de son sexe, elle a l'impression de sentir chaque partie d'elle se mettre à battre ou à onduler, son utérus, sa vulve, et même son anus, c'est étrange et presque désagréable... "Ne t'inquiètes pas mon coeur, je veux juste te faire découvrir le plaisir ayurvédique, la cogition sexuelle." Et doucement il enfonce son sexe en elle, c'est incroyable comme elle est réceptive à chaque relief de sa verge, comme si chaque sensation était décuplée. Elle sent son gland venir appuyer cette zone plus sensible, son point-G, ses testicules taper contre ses lèvres. Elle sent son pouce qui s'enfonce doucement dans son anus, mais elle le sent disproportionné, comme un deuxième pénis, deux hommes s'occupant d'elle. Elle n'a jamais senti autant de sensibilité, le moindre mouvement est un délice. Elle qui pensait que seul un doigt habile pouvait stimuler sa zone la plus cachée, elle sent aux ondulations profondes de son ventre le plaisir arriver, d'elle même elle donne de grand coup de reins pour l'amener à jouir, pour qu'il tape encore plus sur cette zone devenue explosive. Des ondes sourdes montent en chaleur du plus profond d'elle se transformant en jouissance animale, elle pousse un râle plus qu'un cri, des sons inarticulés, les formules magiques du plaisir, la langue des amants...

Alors l'homme se retire d'elle et vient lui présenter sa verge qu'elle prend gourmande en sa bouche, la suçant avec avidité. Elle aspire et serre les lèvres pour le faire exploser, se faisant vulve, et répondant à chaque soupir, à chaque frisson du membre. L'homme se sert d'elle, il va et vient plus vite, et son sexe semble brûlant. Elle sent le moment où tout son être se tend, alors qu'il éjacule, encore et encore, de longs jets qu'elle savoure. Son sperme est chaud, épais, doux et parfumé, sans doute grâce à de mystérieuses tisanes. Elle en boit chaque goutte, entendant avec satisfaction son amant soupirer.
Il la couvre alors de baisers, la fait se relever, détache ses entraves. D'un linge humide au parfum de fleur d'orangé il lave délicatement les écritures, se montre attentionné. Et une fois que son corps est immaculé, tous les deux debout s'enlacent, dans la douce lumière rouge. Il lui prend la tête, se perd dans ses yeux bleus comme on ouvre une fenêtre sur le monde, et l'embrasse encore sur le nez, les yeux, la bouche, son haleine a une odeur de fruits, un peu melon, un peu pèche. Alors il dit doucement "Mon coeur, ça fait une heure... et cinq minutes... Tu ne m'en veux pas d'avoir abusé ?"
Alors elle éclate d'un rire qui, cristallin rebondit entre les toits de Paris et monte dans le ciel d'orage.

Dedicassé à S. pour la Nuit des Amusées, où toutes les muses sont de sorties.

(Copyright Ledormeurduvol Mai 2009)

  Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-08-2009 à 18h09

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 Liste des commentaires Ecrire un nouveau commentaire

 1 - Izabelle a écrit le 02-08-2009 à 00h20
Sensualité, ...ou je ne saurai la nommer.
Wahou...

Dessiner une partition sur un corps de femme.
Vierge à chaque fois.

Voilà qui donne envie de connaitre cette passion, ne serait-ce qu'une heure.
Et 5 minutes...

Là tu m'ouvres d'appétit en moi.
Moi, qui ne suis que gourmande d'unique.
 

 2 - dadou a écrit le 04-08-2009 à 10h59
 Son blog/site : http://lessentimentsdunevie.allmyblog.com

de l'érotisme pure c'est très bien ecrit
 

 3 - dadou a écrit le 08-10-2009 à 18h22
 Son blog/site : http://lessentimentsdunevie.allmyblog.com
disparu
coucou toi pourquoi tu n'écris plus où est tu? tu compte arrêter ton blog se serait dommage car il est très intéressant ou sinon tu es trop occupé peut être en tout cas j'ai hâte de te relire à nouveau à bientôt j'espère
 


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  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10