Logo Allmyblog
Logo Allmyblog
Lien de l'article    

LEDORMEURDUVOL

Bienvenue dans ma crypte... Je suis LeDormeurDuVol, ou Linceulite, une chimère onirique, un être de l'ombre se nourrissant des frustrations du monde, des sentiments perdus, des peurs et des pleurs que nous portons en nous..
Attention, certains de mes textes sont RESERVES A UN PUBLIC ADULTE et peuvent choquer. Personne ne vous oblige à les lire, et si vous ne m'aimez pas, passez votre chemin....
Contacter l'auteur de ce blog

CATEGORIES
- Introduction
- Poèmes et Poésies
- Nouvelles et Histoires
- Les Enfers (adultes)
- Photos et Illustrations

5 DERNIERS ARTICLES
- APARTE ZERO - L'homme de Budapest.
- La belle aux eaux dormantes.
- La Rose et le Piano
- Rencontre avec la peur (1)
- Vie et Mort d'un Rodeur...
Sommaire

BLOGS FAVORIS
1.Vagintello
2.Lessentimentsdunevie
Ajouter ledormeurduvol à vos favoris
 APARTE ZERO - L'homme de Budapest. Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

 

- L'homme de Budapest -

L'homme regarde sa montre à gousset, remonte son col, et s'enfonce dans la brume matinale. Le jour est en train de se lever doucement, un soleil paresseux lèche la forêt de tours du Parlement flambant neuf, des flèches dorées se mettent à danser dans l'eau cristalline du Danube.

L'homme marche vite, pressé de quitter le quartier Lipotvaros, regardant à droite et à gauche comme semblant craindre quelques démons cachés. Il a la trentaine, le teint maladif, les joues creusées, la moustache fine sculptée de cire et ses peurs sont aussi bien réelles que psychiques, lui qui vit entre deux mondes...

Budapest est blafarde en ce matin de septembre, la ville siamoise se calfeutre encore dans ses draps chauds. Dans les rues il n'y a pas une ombre qui vive, juste au loin le bruit des sabots d'un cheval. L'homme a les yeux bordés de noir, il a mal dormi, la statue d'Anonymous du parc Vajdahunyad est venue le voir toute la nuit, fouillant ses chairs de ses doigts de bronze. Il s'est réveillé au chant du coq alors qu'il enfonçait son poing dans la capuche du dormeur, ne rencontrant que le vide.

Une heure après il a encore la sensation que sa main est gelée. Est-ce que cette vision est la conséquence de sa visite au prince Boldizsár ? Ils ont longuement parlé devant un verre de Tokaji Aszú de cette statue fraichement sculptée, de l'homme qu'elle représente, un moine poète, érudit, versé dans les sciences, qui aurait de sa plume séduit le roi Béla III il y huit siècles de ça.Le prince a voulu absolument lui montrer l'homme assis aux yeux étrangement représentés crevés par l'artiste. Ce regard mort, encapuchonné, malsain, l'a traversé comme un éclair de glace. La nausée venant il a demandé à rentrer dans les appartements du prince où des sels lui ont été apportés.

Quoi qu'il en soit, il était heureux d'avoir récupéré "l'objet", qui aurait pu être mortel au prince et qui maintenant dormait dans la valise avec les autres. Banale valise en carton qu'il porte de la main gauche, celle qui n'a pas touché le néant. On ne sait jamais...

Alors qu'il s'engage sur le pont qui mène à l'ile Marguerite, le tram arrive à sa hauteur, chevaux et conducteur encore à moitié endormis. Profitant de l'occasion l'homme monte en marche et s'assoit sur l'un des sièges de bois verni. Plus calme, il se met à repenser à ses visions. Pourquoi cet Anonymous est venu le voir, pourquoi ce malaise, alors qu'il s'était bien gardé de toucher la statue? Ce moine, cet écrivain, il ne ressemble pas à l'autre homme à la peau noire, celui du livre, celui qui est venu dans ses rêves, quand il était enfant.

Difficile de trouver un rapport entre ces objets, et pourtant ils sont liés...

Le plus infime et pourtant si étrange, comme cette coupure de journal, un vieil article avec une photo, celle d'un jeune homme noir, vêtu d'une chemise déchirée, entouré d'une foule d'hommes blancs.Derrière lui un grand arbre avec une corde...

L'homme sourit benoitement, comme un enfant, comme s'il était heureux d'être pris en photo, il n'a pas l'air de comprendre.Juste sous la photo il y a marqué "Eusabia Jefferson, assassin et voleur, mai 1920." Soit c'est une erreur d'impression, soit ce journal ne sera imprimé que dans 16 ans !En prenant le morceau de papier, la première fois, le médium a entendu le grincement du chanvre sur la branche, l'odeur des flambeaux, les rires et les cris de la foule. Depuis le morceau de papier dort entre deux feuilles de papier de soie.

Le plus chargé émotionnellement est sans aucun doute le livre, recueil de comptines pour enfant, avec des illustrations mièvres à l'encre. Dès qu'il l'a touché les pages lui ont parlé, une voix de petite fille résonnant dans sa tête.

"Olly Olly Olly, la fillette monte sur l'escabeau, et veut prendre le pot, boum! Olly est tombée, elle va être grondée"

Je tiens la main de ma maman, douce et chaude dans la mienne, il fait beau, il fait soleil, j'ai ma belle robe que j'aime. Nous nous baladons dans la ville, c'est comme je l'ai vu sur une photo, comme La Nouvelle-Orléans, il y a des maisons à colonnades. Tout est blanc. De belles dames à ombrelles et larges robes se promènent dans les rues, des hommes élégants avec des canotiers les saluent. J'aimerais bien habiter cette ville, c'est joli.

J'entends de la musique, des trompettes, mais c'est comme sous l'eau, au ralenti, comme quand le gramophone doit être remonté. Les gens s'arrêtent de bouger, je marche avec maman entre eux, mais eux ne bougent pas. Personne ne bouge sauf un homme qui me fait un peu peur, son visage est noir, comme les sauvages dans la grande encyclopédie de papa. Noir et triste, avec de grands yeux qui roulent.

J'essaye de voir comment il est habillé, mais il a déjà disparu. Il est à l'étage d'une maison maintenant, il me regarde. Et il disparait à nouveau pour réapparaitre ailleurs. Je sens des parfums de fleurs, des parfums très forts. Les murs des maisons sont couverts de fleurs multicolores. Et l'homme noir est au milieu de la rue, il avance, mais il ne marche pas, et quand il touche quelqu'un, la personne tombe comme ma poupée de laine. Il me fait peur.

Je veux le dire à maman mais quand je me tourne vers elle, ce n'est plus sa main que je tiens, mais une barbe à papa. Maman est en train de s'éloigner. Je l'appelle, mais elle ne m'entend pas. Je veux courir vers elle, mais j'avance tout doucement comme si j'étais très lourde. L'homme en noir s'approche, je vois mieux son visage, il n'a pas d'yeux mais il pleure, la bouche tordue par la tristesse ou la douleur, il tend ses mains vers moi.Je ne veux pas qu'il me touche. Je ne veux pas qu'il me touche...

"Lizzy? Tu as fait un cauchemar ma puce! Tu m'appelais. C'est fini, je suis là, rendors-toi."

"C'était encore lui maman, celui qui vit dans mes rêves...."

Dans le tram, deux personnes viennent de tourner la tête vers l'homme qui vient de parler à haute voix. L'homme à la valise en carton sur les genoux. L'air gêné il bredouille des excuses, se lève, et descend en marche.

"Maudites pensées" se dit-il. Juste de repenser à ce maudit livre pour enfant et voilà que la transe revient, si ça continue, ces objets vont faire corps avec son esprit et il quittera la réalité pour de bon!Heureusement il n'est plus très loin de la gare Nyugati. Une fois dans le train il sera tranquille, loin de cette ville et de ses dangers.

La gare ressemble à une grande maison accueillante flanquée de part et autre de bâtiments ressemblants à des églises. Il y a un tel mélange de genres dans cette ville en ce début du siècle, on y trouve aussi bien des styles byzantins, gothiques, que Grecs ou même Égyptiens. C'est bien le cas ici, on a l'impression de rentrer dans un temple grec, cherchant entre les colonnes la Circé chantée par Denys de Milet, empoisonneuse de roi et fille de la lune.

Curieusement il y a du monde sur les quais, à croire qu'une partie des habitants se sont donné rendez-vous là.

L'homme traverse les épais nuages de fumée que crache la locomotive, le train est imposant, sombre, brillant, décoré de filets d'or qui luisent tels des serpents de feu. Parmi les gens qui attendent sur le quai, une femme, à peine visible dans la fumée, le regarde passer, comme le ferait une araignée face à une mouche bien grasse. Elle a senti l'odeur du Dormeur sur lui.

Il est l'heure, minuit est passé depuis bien longtemps, bien trop longtemps. L'homme monte dans le train, qu'importe le wagon, qu'importe le compartiment, ils vont tous au même endroit.

Nulle part...

 

REVES MORTS - CODEX SOMNIIS - LeDormeurDuVol 2010

  Ecrire un nouveau commentaire Posté le 07-12-2010 à 09h33

 « Article précédant Retour à l'accueil du blog

 Articles dans la même catégorie
- La belle aux eaux dormantes.

- La Rose et le Piano

- Rencontre avec la peur (1)

- Vie et Mort d'un Rodeur...

- Correspondances

- Poème Numb3r 6

- L'enjeu (Sed non satiata)

- Maison-Haute


 Liste des commentaires Ecrire un nouveau commentaire

 1 - moi a écrit le 23-01-2011 à 00h07
 Son blog/site : http://lessentimentsdunevie.allmyblog.com

c'est toujours un plaisir de te lire ^^
 

 2 - LaughingCorpse a écrit le 22-02-2012 à 14h06

J'ai été happée, emportée, dès les premières lignes les mots m'ont prise et ne m'ont plus lâchée jusqu'à la fin, quel talent !
 


 Ajouter un commentaire
Titre
Commentaire
:) ;) :o :D :s :( :@ :clown: :$ :star: +o( ^|
8( :] (6) (h) :p 9| :'( (y) (n) :| 8-| :{
:?: :nrv: (l) (u) :o/ :pig: :hand: (h5) :yin: :nuc: :x ;D
Auteur
E-Mail (facultatif)
Blog (facultatif)
Se souvenir de mes informations
Recopier le code ci-contre :


SYNDICATION
 
Fil RSS 2.0
Ajouter à NetVibes
Ajouter à Google
Ajouter à Yahoo
Ajouter à Bloglines
Ajouter à Technorati
http://www.wikio.fr
 

Allzic en direct

Liens Commerciaux
L'information à Lyon
Retrouvez toute l'actu lyonnaise 24/24h 7/7j !


L'information à Annecy
Retrouvez toute l'actu d'Annecy 24/24h 7/7j !


L'information à Grenoble
Retrouvez toute l'actu de Grenoble 24/24h 7/7j !


Application Restaurant
Restaurateurs, demandez un devis pour votre application iPhone


Fete des Lumières
Fête des lumières : vente de luminaires, lampes, ampoules, etc.


Diffuseur
Acheter un diffuseur d'huiles essentielles

Votre publicité ici ?
  Blog créé le 31-07-2009 à 08h36 | Mis à jour le 07-12-2010 à 09h36 | Note : 7.75/10